‹ uvres complètes de MolièreChapitre 535 sur 553 · SCÈNE XVI. — ARGAN , BÉRALDE , TOINETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI. — ARGAN , BÉRALDE , TOINETTE

TOINETTE , fc-ignant de parler à quelqu'un.

Allons, allons, je suis votre servante. Je n'ai pas envie de rire.

ARGAN

Qu'est-ce que c'est?

TOINETTE

Votre médecin, ma foi, qui me vouloit ta ter le pouls.

ARGAN

Voyez un peu, à l'âge de quatre-vingt-dix ans!

fcE MALADE IMAGINAIRE.

BERALDE.

Oh çàî mon frère, puisque voilà voire monsieur Purgon brouillé avec vous, ne voulez-vous pas bien que je vous parle du parti qui s'offre pour ma nièce?

ARGAN

Xou, mon frère : je veux la mettre dans un couvent, puisqu'elle s'est opposée à mes volontés. J(^ vois bien qu'il y a quelque amourette là-dcssous, et j'ai découvert certaine entrevue secrète qu'on ne sait pas que j'aie découverte.

BÉRALDE.

Hé bien ! mon frère, quand il y auroit quelque petite inclination, cela seroit-il si criminel? Et rien peut-il vous offenser, quand tout ne va qu'à des choses honnêtes, comme le mariage?

IRGAN.

Quoiqu'il eu soit, mon frère, elle sera religieuse; c'est une chose résolue.

BÉRALDE.

Vous voulez faire plaisir à quelqu'un.

ARGAN

Je vous entends. Vous en revenez toujours là, et ma femme vous tient au cœur.

BÉRALDE.

Hé bien! oui, mon frère; puisqu'il faut parler à cœur ouvert, c'est votre femme que je veux dire ; et, non plus que rentètement de la médecine, je ne puis vous souffrir l'ciitètemcnt où vous êtes pour elle, et voir que vous donniez,' tète baissé^, dans tous les pièges qu'elle vous tend.

T0I>ETTE

.Ah ! monsieur, ne parlez point de madame ; c'est une foinme sur laquelle il n'y a rien à dire, une femme sans artifice, et qui aime monsieur, qui l'aime... On ne peut pas dire cela, •

ARGAN

Demandez-lui un peu les caresses qu'elle mo fait;

TOINETTE

Cela est vrai

L'inquiétude que lui donne ma maladie;

TOINETTF.

Assurément

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