SCÈNE XVI. — ARGAN , BÉRALDE , TOINETTE
TOINETTE , fc-ignant de parler à quelqu'un.
Allons, allons, je suis votre servante. Je n'ai pas envie de rire.
ARGAN
Qu'est-ce que c'est?
TOINETTE
Votre médecin, ma foi, qui me vouloit ta ter le pouls.
ARGAN
Voyez un peu, à l'âge de quatre-vingt-dix ans!
fcE MALADE IMAGINAIRE.
BERALDE.
Oh çàî mon frère, puisque voilà voire monsieur Purgon brouillé avec vous, ne voulez-vous pas bien que je vous parle du parti qui s'offre pour ma nièce?
ARGAN
Xou, mon frère : je veux la mettre dans un couvent, puisqu'elle s'est opposée à mes volontés. J(^ vois bien qu'il y a quelque amourette là-dcssous, et j'ai découvert certaine entrevue secrète qu'on ne sait pas que j'aie découverte.
BÉRALDE.
Hé bien ! mon frère, quand il y auroit quelque petite inclination, cela seroit-il si criminel? Et rien peut-il vous offenser, quand tout ne va qu'à des choses honnêtes, comme le mariage?
IRGAN.
Quoiqu'il eu soit, mon frère, elle sera religieuse; c'est une chose résolue.
BÉRALDE.
Vous voulez faire plaisir à quelqu'un.
ARGAN
Je vous entends. Vous en revenez toujours là, et ma femme vous tient au cœur.
BÉRALDE.
Hé bien! oui, mon frère; puisqu'il faut parler à cœur ouvert, c'est votre femme que je veux dire ; et, non plus que rentètement de la médecine, je ne puis vous souffrir l'ciitètemcnt où vous êtes pour elle, et voir que vous donniez,' tète baissé^, dans tous les pièges qu'elle vous tend.
T0I>ETTE
.Ah ! monsieur, ne parlez point de madame ; c'est une foinme sur laquelle il n'y a rien à dire, une femme sans artifice, et qui aime monsieur, qui l'aime... On ne peut pas dire cela, •
ARGAN
Demandez-lui un peu les caresses qu'elle mo fait;
TOINETTE
Cela est vrai
L'inquiétude que lui donne ma maladie;
TOINETTF.
Assurément