ACTE III, SCENE XXIII
BÉRALDE.
Oui Je connois une Faculté de mes amies, qui viendra tout à l'heure en faire la cérémonie dans votre salle. Cela ne vous coûtera rien
ARGAN
Mais moi, que dire? que répondre?
BÉRALUE.
On vous instruira en deux mots, et l'on vous donnera par ocrit ce que vous devez dire. Allez-vous-en vous mettre an habit décent. Je vais les envoyer quérir.
ARGAN
Allons, voyons cela.
^CÈNE XXIII. — BÉRAI.DE, ANGÉLIQUE, CLLANTfi,
TGI.NETTE,
CLÉANTE
Que voulez-vous dire? et qu'cntcndez-vou» avec celte Faoulté de vos amies?
TOINETTE
Quel est donc votre dessein ?
BÉRALDE.
De nous divertir un peu ce soir. Les comédiens ont fait un petit intermède de la réception d'un médecin, avec l\ danses et de la musique; je veux que nous en prenions cii semble !e di\eitissement, et que mon frère y fasse le pre mier personnage.
Mais, mon oncle, il me semble que vous vous jouez ui ^u beaucoup de mon père.
bi'ralde.
Mais, ma nièce, ce n'est pas tant le jouer, que s'accom modor à ses fanlaisies. Tout ceci n'est qu'entre nous. Nou Y pouvons aussi piendre chacun un p.Msonnage, et nou. donner ainsi la comédie les uns aux autres. Le -carnaval aaiorise cela. Allons vile préparer toutes choses,
CLÉANTE, à Angélique.
Y consentez-^ >'ie^
■gélique.
Oui, puistjuu iiiuu ou^Lc nous : '■ '
C8^ LE MALADE IMAGliNAîRE-
TROISIËME INTERMÈDE'.
C est une cérémonie, burlesque d'un homme qu'on fait médecin, °n récit, chant, et danse. Plusieurs tapissiers viennent préparer îa salle, et placer les bancs en cadence. En suite de quoi, toute l'assemblée, composée de huit porte-seringues, six apothicaires, vingt-deux docteurs, et celui qui se fait recevoir médecin, huit chirurgiens dansants, et deux chantants, eEfrent, eH)rennent place, chacun selon son rang '.
PREMIERE ENTRÉE DE BALLET
Savantissimi doclores, âedicinae professores, Qui liic assembbli eslit; Bl vos, alin mossiores, Seoleiitiarnin F^iciillatis Piileles eiecuioiva, Chil'urgiani et apolliican
' Les parties Douvelles qui se trouveot ici reproduites peur la première foie i»us notre édil.oii de Molière, ont été retrouvées et signalées par M. iMagnin, vlauà uu curieux article ialilulë : Quelqueê payes à ajouter aux Œuvres à» Molière. Revue des Deux Mondes, l'' février 1946. Elles sont placées entre srocneis.
. Celle réception bouffonne fut une plaisanterie de sociéié, imaginée daet oa souper chez madame de La Sar.Uére, oa La Fontaine et l•esyl^-illx eiaient a»ee Molière. '.Aimc Slanui.)
Il est probable qu'en composant cet intermède, Holiere sosl rappelé les dëtaiU des cérémonies alors eu usage pour la réception des roédectus, et dont ii »vail dû être témoin pendant son séjour a Montpellier. Ici le badincige ne surpassa ffucre la vériié. Nous cilerons à l'appui de celle opinion un passage fort curieux 4u voyage de Loke à Montpellier, en 1676, trois ans aptes la mort de Molière; il «si a insiconçu:<Receue pour faire un docteur eu médecine. Grande procession de idcleurs habillés de rouge, avec des loques noires; dix violon? jouant des airs de . iilh. Le président s'assied, fait bigne aux violons qu'il veut parler, et qu'ili ■■ont à se taire, se lève, commence son discours par l'éloge de ses coutreres, et .1' lermine par une diatribe contre les innovations, et la circulation du sang. Il se rassied. Les violons recommencent. Le récipiendaire prend la pnrole, compli- «leiite le chancelier, complinieiite les piofesseurs, complimente l'académie. Bdcorc le» violons. Le prcs--d3nl saisit uu bonnet qu'un huissier porte au bout d'an bàlon, et qui a suivi processionnellemenl la cérémouie ,coiQe le nouveau docteu; lui met au doigt un anneau, lui serre les reins d'une chaîne d'or, et le prie poli. cieBl de s'asseoir. Tout cela m'a fort peu édifié.» iLi{e of Locke, by lord King.)
(Aioié Uarlii:.)
rnOISIÈME INTERMÈDE.
Atqiie tota compagnia aussi, Salus, bonor el argenium, Atque boDum appetitum.
Non possum, docti confrert.
En moi satls adniirari Qiialis bona Inveotii Esi medici professio; Qnam bella chosa est el bene trovtiiâu Medicina illa benedicia, Quae, suo nomine solo, SurpreDanli miiaculo.
Depuis si longe tenipore, Facil à go^'o vivere ' TjbI de gens omni geoere.
Pfr totam terrait) vidomm
^randam vogam nbi siiinus;
fil quod grandes el peiili
SuDl de nobis inlatuti.
Totus iDundus, curiens ad noslros renieu;»»'
Nos regardât sicut deos;
El lostns ordoiiiianclis Priuciues et reges soumissos videtis.
DoDCque il est nostrx sapientiat.
Boni seosus atque prudeui:39.
De forlemenl travaillaie
A nos bene conscrvare In lali credilo, voga, el honore; El preuilere gardam a non icceverd.
In Doslro ducto cor|.ore,
Quam personas capabile«,
El tolas dignas remplire
Has plaças honorabiles.
C'est pour cela que nunc coavocali estis ; El credo quoi trovabilk Dignam malieram medici In savant! Iionnine que vont j Lequi-I, in chosis omnibus, Dono ad inltTrogaridju, Et à foi-d cxaminandnoi Voslris capacilaiibus.
PMMUS DOCTOl
Si oiihi liceuiiam dal domiuus pixses.
Et tanti docti doctores,
m .isj.stanios illustres,
TiOi savanii bacludieio,
Quein esiimo el h"iioro, Oomandaho causain el raliouefQ quare
Opium facil dormi re.
BACHELIERUS-
Hibi a docto doclore 9oeiacdkiar causam i:\ raiioBniB qMrc
LE MALADE IMAClKAlWE.
O.Tfum facit dormire.
A quoi respocde.o, Quia est in eo Tenus dormitiv».
CuJDs eyt Da^Jra Seoaus assoupire.
Sene, bene, bene, beue respondere.
DjgDUS, digooi eit iDirare In noslro dodo corpore.
âeue, bene respondere.