STANCES
SotilTrez qu'Amour cette nuit vous réveille; Par mes soupirs laissez- vous enflammer; Vous dormez trop , adorable merveille , Car c'est dormir que de ne point aimer.
Ne craignez rien; dans l'amoureux empire Le mal n'est pas si grand que l'on le fait ; Et lorsqu'on aime , et que te cœur soupire 5 Son propre mal souvent le satisfait.
ije mal d'aimer, c'est de vouloir le taire : Pour l'éviter, parlez en ma faveur.
Amour le veut , n'en faites point mystère. Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur'
Peut-on souffrir une plus douce peine?
Peut-on subir une plus douce toi?
Qu'étant des cœurs la douce souveraine.
Dessus le vôtre , Amour agisse en roi.
Rendez-vous donc, ô divine Amarante, Soumettez-vous aux volontés d'Amour ; Aimez pendant que vous êtes charmante, Car le temps passe et n'a point de retour*.
* On troQre cet itances à la page 201 do la première partie d'un recueil inti» tmlë DiHcet dt la poéti» galante; Jean Hibou, 166S ; elles sont signées M*- Itère. lAtmé Hartiu.l
POÉSIES DIVERSES