‹ uvres complètes de MolièreChapitre 65 sur 553 · LE PÈRE · texte numérisé non relu

LE PÈRE

Malheureux ! je te maudis !

LE FILS, gravement.

Vous n'en avez plus le droit. Maudire, cela est d'un père : vous êtes mon rival. Maudire, cela est d'un prêtre; mais où sont en vous les signes du prêtre, les passions vaincues et la colère domptée? Vous n'êtes ni père ni prêtre. [Avtc to- Unnité et intention.) Je n'acceple pas votre malédiction! >

Voilà, dans le style du drame' moderne, la traduction dn mot : Je n'ai que faire de vos do>is. Quel est, de ces deux mois, le plus corrupteur? quel est celui qui met le plus en discussion le mystère de l'autorité paternelle? Le i?e ricux du drame est d'autant plus dangereux, qu'il corrompt la raison par le (ophisme et le cœur par l'émotion. La comédie plaisanté, le drame argumente^ la comédie touche, en passant, l'idée délicate des bornes du pouvoir paternel et des droits toujours spécieux de l'amour; le drame s'y arrête avec intention; il aime a développer celte ihcse qui touche à toutes les passions, car toutes aident la révolte. Ne dites donc plus, avec J. J. Rousseau, que la comédie de

* Un de mes amis, romancier et dramaturge célèbre, a bien voulu, à ma prière écrire la scène dans le Ion du drame moderne. (Saint-Marc Girardin.)

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