‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 169 sur 245 · A. G. Il faut coDclure · texte numérisé non relu

A. G. Il faut coDclure

LETTRE GVIi,

RICA A IBBEN

A SMTRNB.

J*ai vu le jeune monarque.' Sa vie est bien précieuse à ses sujets : elle ne Test pas moins à toute l'Europe, par les grands troubles que sa mort pourroit produire. Mais les rois sont comme les dieux ; et, pendant qu'ils vivent, on doit les croire immortels. Sa physionomie est majestueuse, mais charmante; une belle éducation semble concourir avec un heureux naturel,* et promet déjà un grand prince.

On dit que l'on ne peut jamais connoltre le caractère des rois d'Occident, jusqu'à ce qu'ils aient passé par les deux grandes épreuves, de leur maîtresse, et de leur confesseur. On verra bientôt l'un et l'autre travailler à se saisir de l'esprit de celui-ci ; et il se livrera, pour cela, de grands combats. Car, sous un jeune prince, ces deux puissances sont toujours rivales; mais elles se concilient et se réunissent sous un vieux. Sous un jeune prince, le dervis a un rôle bien diiBcile à soutenir ; la force du roi fait sa

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