‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 3)Chapitre 117 sur 183 · Ch. iv. Livre XVI · texte numérisé non relu

Ch. iv. Livre XVI

2. Page 161 de la feuille du 9 octobre 1749. (M.) Sup., p. 126.

femmes. Mais si l'auteur les a distinguées, que dira-t-il? Si l'auteur a fait voir que dans le premier cas les abus étoient plus grands, que dira-t-il? Je supplie le lecteur de relire le chapitre vi du livre XVI ; je l'ai rapporté cidessus. Le critique lui a fait des invectives parce qu'il avoit gardé le silence sur cet article ; il ne reste plus que de lui en faire sur ce qu'il ne l'a pas gardé.

Mais voici une chose que je ne puis comprendre. Le critique a mis dans la seconde de ses feuilles : « L'auteur nous a dit ci- dessus que la religion doit permettre la polygamie dans les pays chauds et non dans les pays froids1. » Mais l'auteur n'a dit cela nulle part. Il n'est plus question de mauvais raisonnements entre le critique et lui; il est question d'un fait. Et comme l'auteur n'a dit nulle part que la religion doit permettre la polygamie dans les pays chauds et non dans les pays froids; si l'imputation est fausse comme elle l'est, et grave comme elle l'est, je prie le critique de se juger lui-même. Ce n'est pas le seul endroit sur lequel l'auteur ait à faire un cri*. A la fin de la première feuille s, il est dit : a Le chapitre iv porte pour titre que la loi de la polygamie est une affaire de calcul : c'est-à-dire que dans les lieux où il natt plus de garçons que de filles, comme en Europe, on ne doit épouser qu'une femme : dans ceux où il naît plus de filles que de garçons, la polygamie doit y être introduite. » Ainsi, lorsque l'auteur explique quelques usages, ou donne la raison de quelques pratiques, on les lui fait mettre en maximes, et ce qui est plus triste encore, en maximes de religion; et comme il a parlé d'une infinité

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