SUR LES FINANCES DE L'ESPAGNE
Plusieurs manuscrits ; de Montesquieu ont passé [en Angleterre ; nous croyons qu'il ne serait pas impossible d'en retrouver la trace; mais il en est aussi qui sont restés en France.
Aimé Martin, possesseur d'un d'eux, en laissa faire l'analyse.
Ce manuscrit formait un cahier de quarante-quatre pages, composé de cinq mémoires : l'un d'eux résume les autres ; il est écrit avec plus de soin, et intitulé : Sur les finances de l'Espagne. Une note en marge indique que ce travail, entrepris vingt ans avant VEsprit des Lois, a été abandonné1.
Ce n'est qu'une ébauche et voici en quels termes elle débute :
« Il existe deux genres de richesse : la richesse réelle, la richesse de fiction; la première tient à la terre, à l'industrie, à la production ; elle se détruit et se renouvelle sans cesse ; la seconde, celle de l'argent, ne se détruit pas; et, comme chaque jour elle augmente dans sa représentation, elle va sans cesse en se détériorant dans sa valeur réelle. Lors de la découverte des Indes, l'Espagne fut trouvée riche, parce que l'or et l'argent étoient rares, que ces métaux avoient été dénaturés, altérés, cachés, lors des invasions
1. Extrait d'un discours prononcé, lo S décembre 1847, par M. O. Branet, président de l'Académie de Bordeaux.
S. Voyez la note l au chapitre xxn, livro XXI, de l'Esprit des Loti. Lo manuscrit d'Aimé Martin paratt être l'original ou la copie de l'imprimé dont parle Walckenaer.