‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 3)Chapitre 32 sur 183 · ÉTAT DE L 'EUROPE DU TEMPS DE CHARLES MARTEL · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L 'EUROPE DU TEMPS DE CHARLES MARTEL

Charles Martel, qui entreprit de dépouiller le clergé, se trouva dans les circonstances les plus heureuses : il étoit craint et aimé des gens de guerre, et il travaillent pour eux ; il avoit le prétexte de ses guerres contre les Sarrasins1 ; quelque haï qu'il fût du clergé, il n'en avoit aucun besoin ; le pape, à qui il étoit nécessaire, lui tendoit les bras: on sait la célèbre ambassade* que lui envoya Grégoire III. Ces deux puissances furent fort unies3, parce qu'elles ne pouvoient se passer l'une de l'autre : le pape avoit besoin des Francs pour le soutenir contre les Lombards et contre les Grecs ; Charles Martel4 avoit besoin du pape pour humilier les Grecs, embarrasser les Lombards, se rendre plus respectable chez lui, et accréditer les titres qu'il avoit, et ceux que lui ou ses enfants pourroient prendre 5. Il ne pouvoit donc manquer son entreprise.

i. Voyez les Annales de Metz. (M.)

2. Epistolam quoque, decreto romanorum principum, sibi prœdictus prœsul Gregorius miserai, quod sese pepulus Romanus, relicta imperatoris domination* , ad suam defensionem et invictam clementiam convertere voluis-

set. Annales de Metz, sur l'an 741 Eo pacto patrato, ut a partibus

imperatoris recederet. Frédégairc. (M.)

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