‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 3)Chapitre 36 sur 183 · LIVRE XXXI, CHAP. XI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAP. XI

raison, que Louis le Débonnaire suivit la conduite de Charlemagne, et ne donna point les biens de l'Église aux soldats.

Cependant les anciens abus allèrent si loin, que, sous les enfants de Louis le Débonnaire, les laïques établissoient des prêtres dans leurs églises, ou les cbassoient, sans le consentement des évoques1. Les églises se partageoient entre les héritiers1; et quand elles étoient tenues d'une manière indécente, les évoques n'avoient d'autre ressource que d'en retirer les reliques8.

Le capitulaire de Gompiègne 4 établit que l'envoyé du roi pourroit faire la visité de tous les monastères avec l'évêque , de lavis et en présence de celui qui le tenoit5; et cette règle générale prouve que l'abus étoit général.

Ce n'est pas qu'on manquât de lois pour la restitution des biens des églises. Le pape ayant reproché aux évoques leur négligence sur le rétablissement des monastères, ils écrivirent 6 à Charles le Chauve, qu'ils n'avoient point été touchés de ce reproche, parce qu'ils n'en étoient pas coupables, et ils l'avertirent de cequiavoit été promis, résolu

roi d'Italie, où il est dit que le roi donnerait en fief les monastères à ceux qui se recommanderaient pour des flefs. 1 1 est ajouté à la loi des Lombards, liv. III, tit. i, S 30 et aux lois saliques, recueil des lois de Pépin, dans Échard, p. 195, tit. xxvi, art. 4. (M.)

1. Voyez la constitution de Lothaire I, dans la loi des Lombards, liv. III, loi 1,$ 43. (M.)

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