‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 165 sur 488 · Sap. XXIV, Tii · texte numérisé non relu

Sap. XXIV, Tii

qu'une volonté capricieuse et traositoire du souverain. Si, dans ces États, les lois de la religion étoient de la nature des lois humaines, les lois de la religion ne seroient rien non plus : il est pourtant nécessaire à la société qu'il y ait quelque chose de fixe; et c'est cette religion qui est quelque chose de fixe.

3* La force principale de la religion vient de ce qu'on la croit ^ la force des lois humaines vient de ce qu'on les craint. L'antiquité convient à la religion, parce que souvent nous croyons plus les choses à mesure qu'elles sont plus reculées; car nous n'avons pas dans la tète des idées accessoires tirées de ces tèmps-là, qui puissent les contredire. Les lois humaines, au contraire, tirent avantage de leur nouveauté^ qui annonce une attention particulière et actuelle du législateur, pour les faire observer.

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