‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 170 sur 488 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CAS OU l'on peut juger

PAR LES PRINCIPES DU DROIT CIVIL, EN MODIFIANT LES PRINCIPES DU DROIT NATUREL.

Une loi d'Athènes obligeoit^ les enfants de nourrir leurs pères tombés dans Tindigence; elle exceptoit ceux qui étoient nés' d'une courtisane, ceux dont le père avoit exposé la pudîcité par un trafic infâme, ceux à qui ' il n'avoit point donné de métier pour gagner leur vie.

La loi considéroit que, dans le premier cas, le père se trouvant incertain, il avoit rendu précaire son obligation naturelle; que, dans le second, il avoit flétri la vie qu'il avoit donnée, et que le plus grand mal qu'il pût faire à ses enfants, il l'avoit fait, en les privant de leur caractère ^; que, dans le troisième, il leur avoit rendu insupportable une vie qu'ils trouvoient tant de difficulté à soutenir ^ La loi n'envisageoit plus le père et le fils que comme deux citoyens, ne statuoit plus que sur des vues politiques et

i. Soas peine d'infamie; une autre, bous peine de prison. (M.)

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