‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 215 sur 488 · Uv.XVII, ch. VI. (M · texte numérisé non relu

Uv.XVII, ch. VI. (M

Dans les Instituies de Justinien^ et de Théophile', on parle d*un chapitre de la loi Yoconienne, qui restreignoit la faculté de léguer. En lisant ces auteurs, il n'y a personne qui ne pense que ce chapitre fat fait pour éviter que la succession ne fût telleoient épuisée par des legs, que l'héritier refusât de l'accepter. Mais ce n'étoit point là l'esprit de la loi Yoconienne. Nous venons de voir qu'elle avoit pour objet d'empêcher les ferames de recevoir aucune succession. Le chapitre de cette loi, quimettoit des bornes à la facuhé de léguer, entroit dans cet objet : car, si on avoit pu léguer autant que l'on auroit voulu, les femmes auroient pu recevoir comme legs ce qu'elles ne pouvoient obtenir comme succession.

La loi Yoconienne fut faite pour prévenir les trop grandes richesses des femmes. Ce fut donc des successions considérables dont il fallut ' les priver, et non pas de celles qui ne pouvoient entretenir le luxe. La loi fixoit une certaine somme qui devoit être donnée aux femmes qu'elle privoit de la succession. Cicéron *, qui nous apprend ce fait, ne nous dit point quelle étoit cette somme; mais Dion ^ dit qu'elle étoit de cent mille sesterces *.

i. Instit., liv. n, tit. xxii. (M.)

Page 1