DB LA PREUVE PAR L EAU BOUILLANTE ETABLIE PAR LA LOI 8ALIQUE
La loi salique ^ admettoit Tusage de la preuve par Teau bouillante ; et comme cette épreuve étoit fort cruelle, la loi ' prenoit un tempérament pour en adoucir la rigueur. Elle permettoit à celui qui avoit été ajourné pour venir faire la preuve par l'eau bouillante, de racheter sa main, du consentement de sa partie. L'accusateur, moyennant une certaine somme que la loi fixoit, pouvoit se contenter du serment de quelques témoins, qui déclaroient que l'accusé n'avoit pas commis le crime : et c'étoit un cas particulier de la loi salique, dans lequel elle admettoit la preuve négative.
Cette preuve étoit une chose de convention, que la loi souffroit, mais qu'elle n'ordonnoit pas. La loi donnoit un certain dédommagement à l'accusateur qui vouloit permettre que l'accusé se défendit par une preuve négative : il étoit libre à l'accusateur de s'en rapporter au serment de l'accusé, comme il lui étoit libre de remettre le tort ou l'injure.
La loi ' donnoit un tempérament, pour qu'avant le
1. Et quelques autres lois des barbares aussi. (M.) 3. Tit. Lvi. D9 manu ab œneo redimenda. (M.) 3. Ibid., titre lvi. (M.)
jugement, les parties, Tune dans la crainte d'une épreuve terrible, l'autre à la vue d'un petit dédommagement présent, terminassent leurs différends, et finissent leurs haines. On sent bien que cette preuve négative une fois consommée, il n'en falloit plus d'autre^ et qu'ainsi la pratique du combat ne pouvoit être une suite de cette disposition particulière de la loi salique.