DU COMBAT JUDIGIAIEB ENTRE UNE DES PARTIES ET UN DES TEMOINS
Beaumanoir ' dit qu'un homme qui voyoit qu'un témoin alloit déposer contre lui, pouvoit éluder le second, en disant * aux juges que sa partie produisoit un témoin faux et calomniateur; et, si le témoin vouloit soutenir la querelle, il donnoit les gages de bataille. II n'étoit plus question de l'enquête : car, si le témoin étoit vaincu, il étoit décidé que la partie avoit produit un faux témoin, et elle perdoit son procès.
Il ne falloit pas laisser jurer le second témoin ; car il auroit prononcé son témoignage, et l'affaire auroit été finie par la déposition des deux témoins '• Mais en arrêtant le second, la déposition du premier devenoit inutile.
Le second témoin étant ainsi rejeté, la partie n'en pouvoit faire ouïr d'autres, et elle perdoit son procès ; mais, dans le cas où il n'y avoit point de gages de bataille ^, on pouvoit produire d'autres témoins.