APPEL DE FAUX JUGEMENT
La nature de la décision par le combat, étant de terminer l'affaire pour toujours, et n'étant point compatible ' avec un nouveau jugement et de nouvelles poursuites, l'appel, tel qu'il est établi par les lois romaines et par les lois canoniques, c'est-à-dire à un tribunal supérieur, pour faire réformer le jugement d'un autre, étoit inconnu en France.
Une nation guerrière, uniquement gouvernée par le point d'honneur, ne connaissoit pas cette forme de procéder; et, suivant toujours le même esprit, elle prenoit contre les juges les voies * qu elle auroit pu employer contre les parties.
L'appel, chez cette nation, étoit un défi à un combat par armes, qui devoit se terminer par le sang ; et non pas cette invitation à une querelle de plume qu'on ne connut qu'après '.
1. « Car en la cour où ron va par la raibon de Tappel pour les ga^es maintenir, se bataille est faite, la querelle est venue à fin, si que il n'y a métier de plusd^apiaux. » Beaum., ch. ii, p. 22. (M.)