Ch. XXI, art. 37. (M
ne jugeroît pas s'ils n'étoient que quatre S ou s'ils n'y étoient tous, ou si les plus sages n'y étoient; c'est comme s'il avoit dit, dans la mêlée, qu'il ne secourroit pas son seigneur, parce qu'il n'avoit auprès de lui qu'une partie de ses hommes'. Mais c'étoit au seigneur à faire honneur à sa cour, et à prendre ses plus vaillants hommes et les plus sages. Je cite ceci pour faire sentir le devoir des vassaux, combattre et juger; et ce devoir étoit même tel, que juger c'étoit combattre.
Un seigneur ' qui plaidoit à sa cour contre son vassal, et qui y étoit condamné, pouvoit appeler un de ses hommes de faux jugement. Mais, à cause du respect que celui-ci devoit à son seigneur pour la foi donnée, et la bienveillance que le seigneur devoit à son vassal pour la foi reçue, on faisoit une distinction : ou le seigneur disoit en général que le jugement * étoit faux et mauvais ; ou il imputoit à son homme des prévarications ' personnelles. Dans le premier cas il ofTensoit sa propre cour, et en quelque façon lui-même, et il ne pouvoit y avoir de gages de bataille ; il y en avoit dans le second, parce qu'il attaquoit l'honneur de son vassal; et celui des deux qui étoit vaincu perdoit la vie et les biens, pour maintenir la paix publique.
Cette distinction, nécessaire dans ce cas particulier, fut étendue. Beaumanoir dit que^ lorsque celui qui appeloit de faux jugement, attaquoit un des hommes par des im-
1. l\ falloit ce nombre au moins. Défont., ch. lu, art. 36. (M.)
2. Nus nedoibt laissera faire sou debvoir parce que son compains ne le fet. Beaum., ch. lxvii, p. 337.