LIVRE XXII, CHAP. XIII
blissement continua; et, sous GalienS on ne voyoit plus que du cuivre argenté.
On sent que ces opérations violentes ne sauroient avoir lieu dans ces temps-ci; un prince se tromperoit lui-même, et ne tromperoit personne. Le change a appris au banquier à comparer toutes les monnoies du monde, et à les mettre à leur juste valeur; le titre des monnoies ne peut plus être un secret. Si un prince commence le billon, tout le monde continue, et le fait pour lui; les espèces fortes sortent d'abord, et on les lui renvoie foibles. Si, comme les empereurs romains, il afibiblissoit l'argent sans alToiblir l'or, il verroit tout à coup dîsparoître l'or, et il seroit réduit à son mauvais argent. Le change, comme j'ai dit au livre précédent *, a ôté les grands coups d'autorité, ou du moins le succès des grands coups d'autorité ^