‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 32 sur 488 · USAGE DE QUELQUES PAYS D ITALIE · texte numérisé non relu

USAGE DE QUELQUES PAYS D ITALIE

Dans quelques pays d'Italie, on a fait des lois pour empêcher les sujets de vendre des fonds de terre pour transporter leur argent dans les pays étrangers. Ces lois pouvoient être bonnes, lorsque les richesses de chaque État étoient tellement à lui, qu'il y avoit beaucoup de difficulté à les faire passer à un autre. Mais depuis que, par l'usage du change, les richesses ne sont, en quelque façon, à aucun État en particulier, et qu'il y a tant de facilité à les transporter d'un pays à un autre, c'est une mauvaise loi que celle qui ne permet pas de disposer, pour ses affaires, de ses fonds de terre, lorsqu'on peut disposer de son argent. Cette loi est mauvaise, parce qu'elle donne de l'avantage aux effets mobiliers ^ sur les fonds de terre, parce qu'elle dégoûte les étrangers de venir s'établir- dans le pays, et enfin, parce qu'on peut l'éluder.

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