‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 34 sur 488 · DES DETTES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

DES DETTES PUBLIQUES

Quelques gens ont cru qu'il étoit bon qu'un État dût à lui-même : ils ont pensé que cela multiplioit les richesses, en augmentant la circulation.

Je crois qu'on a confondu un papier circulant qui représente la monnoie S ou un papier circulant qui est le signe des profits qu'une compagnie a faits ou fera sur le commerce *, avec un papier qui représente une dette '. Les deux premiers sont très-avantageux à l'État ; le dernier ne peut l'être; et tout ce qu'on peut en attendre, c'est qu'il soit un bon gage pour les particuliers de la dette de la nation, c'est-à-dire qu'il en procure le paiement. Mais voici les inconvénients qui en résultent.

1* Si les étrangers possèdent beaucoup de papiers qui représentent une dette, ils tirent, tous les ans, de la nation, une somme considérable pour les intérêts;

2<* Dans une nation ainsi perpétuellement débitrice, le change doit être très-bas;

3"^ L'impôt levé pour le paiement des intérêts de la dette, fait tort aux manufactures, en rendant la main de l'ouvrier plus chère ;

i. Billet de banqno.

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