‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 349 sur 488 · CONTINVATION OU MÊME SUJET. NECESSITE DE BIEN COMPOSEE LES LOIS · texte numérisé non relu

CONTINVATION OU MÊME SUJET. NECESSITE DE BIEN COMPOSEE LES LOIS

La loi de l'ostracisme fut établie à Athènes, à Argos, et à Syracuse ^ A Syracuse elle fit mille maux, parce qu'elle fut faite sans prudence. Les principaux citoyens se bannissoient les uns les autres, en se mettant une feuille de figuier à la main'; de sorte que ceux qui ayoient quelque mérite quittèrent les affaires. A Athènes, où le législateur avoit senti l'extension et les bornes qu'il devoit donner à sa loi, l'ostracisme fut une chose admirable : on n'y soumettoit jamais qu'une seule personne ; il falloit un si grand nombre de suffrages, qu'il étoit difficile qu'on exilât quelqu'un dont l'absence ne fût pas nécessaire '.

On ne pouvoit bannir que tous les cinq ans : en effet, dès que l'ostracisme ne devoit s'exercer que contre un grand personnage qui donneroit de la crainte à ses concitoyens, ce ne devoit pas être une affaire de tous les jours ^.

i. Aristote» Politique, liv. V, ch. iit. (H.)

2. PluUrque, Vie d$ Denys, ch. I. (M.) Platarque et Diodore, Ut. XI, disent une feuille d'olivier, icrraXov iXaia;, d*où vient le nom de PéêaUime, C'était le nom de Tostracisme en Sicile.

3. L'ostracisme étoit une injustice. On n'est point criminel pour avoir du crédit, des richesses, ou de grands talents. C'étoit de plus un moyen de priver la république de ses meilleurs citoyens, qui n'y rentroient ensuite qu'à la Taveur d'une guerre étrangère ou d'une sédition. (Coivoorckt.)

4. Sur cette Justification de l'ostracisme, V. Sup. XXVI, ivii.

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