‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 359 sur 488 · A. B. Elles ont été faites · texte numérisé non relu

A. B. Elles ont été faites

S. Voyex ce que dit Favorinus sar Aulugelle^ liv. XX, cb. i. (M.)

nation, c'étoit une circonstance qui ne cbangeoit point la nature du crime ^ Je ne saurais douter que toute la théorie des lois romaines sur le vol ne fût tirée des institutions lacédémoniennes *. Lycurgue, dans la vue de donner à ses citoyens de l'adresse, de la ruse, et de l'activité, voulut qu'on exerçàtles enfants au larcin, et qu'on fouettât rudement ceux qui s'y laisseroient surprendre : cela établit chez les Grecs, et ensuite chez les Romains, une grande différence entre le vol manifeste et le vol non manifeste*.

Chez les Romains, l'esclave qui avoit volé étoit précipité de la roche Tarpéienne. Là il n'étoit point question des institutions lacédémoniennes; les lois de Lycurgue sur le vol n'avoient point été faites pour les esclaves; c'étoit les suivre que de s'en écarter en ce point,

A Rome, lorsque un impubère avoit été surpris dans le vol, le préteur le faisoit battre de verges à sa volonté, comme on faisoit à Lacédémone. Tout ceci venoit de plus loin. Les Lacédémoniens avoient tiré ces usages des Cretois; et Platon S qui veut prouver que les institutions des Cretois étoient faites pour la guerre, cite celle-ci : « la faculté de supporter la douleur dans les combats particuliers, et dans les larcins qui obligent de se cacher * ».

Comme les lois civiles dépendent des lois politiques, parce que c'est toujours pour une société qu'elles sont faites*; il seroit bon que, quand on veut porter une loi

i. Non, mais cela changeait la fonce de la preate»

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