CHAPITRE IV
CONTINUATION DU MEME SUJET
César ^ dit que « quand un des princes déclaroit à l'as* semblée qu'il avoit formé le projet de quelque expédition, et demandoit qu'on le suivît, ceux qui approuvoient le chef et l'entreprise selevoient, etoffroient leur secours. Ils étoient loués par la multitude. Mais s'ils ne remplissoient pas leur engagement, ils perdoient la confiance publique, et on les regardoit comme des déserteurs et des traîtres ».
Ce que dit ici César, et ce que nous avons dit dans le chapitre précédent, après Tacite, est le germe de l'histoire de la première race.
Il ne faut pas être étonné que les rois aient toujours eu à chaque expédition de nouvelles armées à refaire, d'autres troupes à persuader, de nouvelles gens à engager; qu'il ait fallu, pour acquérir beaucoup, qu'ils répandissent beaucoup; qu'ils acquissent sanscesse parle partage des terres et des dépouilles, et qu'ils donnassent sans cesse ces terres et ces dépouilles; que leur domaine grossît continuellement, et qu'il diminuât sans cesse; qu'un père qui donnoit à un de ses enfants un royaume, y joignît toujours un trésor*; que le trésor du roi fût regardé
i. De bello Gallico, Hv. VI, cap. xxii. (M.) 2. Voyez la Vio de Dagobert. (M.)
iU DE L'ESPRIT DES LOIS.
ooinme nécessaire à la monarchie; et qu'un roi* ne pût, même pour la dot de sa fille, en faire part aux étrangers sans le consentement des autres rois. La monarchie avoit son allure par des ressorts qu'il falloit toujours remonter.
1. Voyez Grégoire de Tours, liv. VI, sur le mariage de ia fille de Ghilpéric. Childebert lui envoie des ambassadeurs pour lui dire qu'il o*ait point à donner des villes du royaume de son père à sa fille, ni de ses trésors, ni des serfs, ni des chevaux, ni des cavaliers, ni des attelages de boeufs, etc. (M.)