‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 432 sur 488 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

DU DOUBLE SBRVIGE.

C'étoit un principe fondamental de la nionarchie» que ceux qui étoient sous la puissance militaire de quelqu'un» étoient aussi sous sa juridiction civile; aussi le capitulaire^ de Louis le Débonnaire, de Tan 815, fait-il marcher d'un pas égal la puissance militaire du comte, et sa juridiction civile sur les hommes libres; aussi les placites' du comte, qui menoit à la guerre les hommes libres, étoient-ils appelés les placites des hommes libres'; d'où résulta sans doute cette maxime, que ce n'étoit que dans les placites du comte, et non dans ceux de ses ofTiciers, qu'on pouvoit juger les questions sur la liberté. Aussi le comte ne menoit-il pas à la guerre les vassaux des évéques ou abbés \ parce qu'ils n'étoient pas sous sa juridiction civile; aussi n'y menoit-il pas les arrière- vassaux des leudes; aussi le glossaire*^ des lois angloises nous dit-il*,

i . Art. 1 et 2 ; et le concile m Verno palatio, do l'an 845, art. 8, édit. de Baluze, tome II, p. 17. (M).

Page 1