‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 437 sur 488 · DES COMPOSITIONS CHEZ LES PEUPLES BARBABBS · texte numérisé non relu

DES COMPOSITIONS CHEZ LES PEUPLES BARBABBS

Comme il est impossible d* entrer un peu avant dans notre droit politique, si l'on ne connolt parfaitement les lois et les mœurs des peuples germains, je m'arrêterai un moment, pour faire la recherche de ces mœurs et de ces lois.

Il parolt par Tacite que les Germains ne connaissoient que deux crimes capitaux ; ils pendoient les traîtres, et noyoient les poltrons : c*étoient chez eux les seuls crimes qui fussent publics. Lorsqu'un homme avoit fait quelque tort à un autre, les parents de la personne offensée bu lésée entroient dans la querelle M et la haine s*apaisoit par une satisfaction. Cette satisfaction regardoit celui qui avoit été offensé, s'il pouvoit la recevoir; et les parents, si l'injure ou le tort leur étoit commun ; ou si, par la mort de celui qui avait été offensé ou lésé, la satisfaction leur étoit dévolue.

De la manière dont parle Tacite, ces satisfactions sa faisoient par une convention réciproque entre les parties :

i. Suscipere tam inimicitias, seupotris, seu propinqui, quam amicitias, necesse est : nec implacabiles durant ; luitur enitn etiam homicidium certo ar mentor u m €tc pecorum numéro, recipHque satisfactionem unicersa domus. Tacite, de mor^b* Germ., c. xxi. (M.)

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