‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 449 sur 488 · LIVRE XXX.CHAP. XX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX.CHAP. XX

pendance du fief, pourquoi voit-on partout* que le service du fief étoit de servir le roi, ou le seigneur, et dans leurs cours et dans leurs gueires ?

i. Voyez M. du Gange, au mot hominium, (M.)

Au \vi* siècle nos Jurisconsultes, dévoués à la monarchie, symbole de r unité française, expliquent le régime féodal par une usurpation uni ver-* selle de la noblesse, usurpation contre laquelle un peuple a toujours droit de revenir. D s'en faut de beaucoup que les choses se soient passées de la sorte, et que la théorie de nos légistes soit vraie. Le grand mérite de Montesquieu, c*est d'étudier le passé sans préjugés, et d'expliquer le changement des institutions par la marche naturelle des événements. C'est par cette impartialité que Montesquieu s'élève au-dessus de son temps, et qu'il en domine les préjugés. La féodalité a eu sa raison d'être quand elle a paru, ce qui ne veut pas dire que depuis le \vi* siècle on n'eût pas raison de demander la suppression d'une institution vieillie, et dont il ne restait plus rien que les abus.

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