‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 46 sur 488 · L'an de Rome 663. (M · texte numérisé non relu

L'an de Rome 663. (M

4. A. B. terminent le chapitre par les deux paragraphes aaivanta, et ne parlent point de Tusare dans les provinces.

« Sous Sylia, L. Valerias Flaccus fit une loi qui permettoit Tintérèt à trois pour cent par an. Cette loi, la plus équitable et la plus modérée de celles que les Romains firent à cet égard, Paterculus * la désapprouve. Mais si cette loi étoit nécessaire à la République, si elle étoit utile à tous les particuliers, si elle formoit une communication d'aisance entre le débiteur et Temprunteur, elle n'étoit point injuste.

« Celui-là paye moins, dit Ulpien *", qui paye plus tard. Gela décide la question si Tintérât est légitime, c'est-à-dire si le créancier peut vendre le temps, et le débiteur Tacheter.

• Twrpûnmœ Ugis auetor qua enditoribu» tolvî quadrantem juuerat. Liv. II. Quelques auteurs ont interprété ce passage comme si la loi de Flaccus avoil ordonné qu'on payât seulement le quart du capital ; mais il me semble que ce n'étoit pas le langage des auteurs latins. Lorsqu'il s'agissoit de retranchement de dettes, on se ser^ voit des mots de quadrans, trient, etc., pour marquer l'usure, et tertia para et guarta part pour marquer le capital. 2> On fait le consul Valerius auteur d'une loi qu'auroit faite à peine un tribun séditieux. 8* On étoit dans le feu de la guerre civile ; et il étoit plus question de maintenir le crédit public que de le détruire ; enfin cette gnerre civile n'avoit point pour objet l'aboUssemeot des dettes. (IC .)

Crévier a démontré qne ti quadrantet uaurœ vent dire en effet l'intérêt à trois poor cent, le mot quadrant seul n'a point ce sens, et ne peut s'entendre que du quart du capital. La question est tranchée par un passage du Catilina de Salluste, Argtntwm œre tolutum ai, disent les députés de C. llallius à Q. ICardui Rex; c'est-à-dire on a remboursé le sesterce d'argent en payant nn as, monnaie de enivre qui valoit le quart du sesterce. Quant à L. Val. Flaccus, c'étoit nn partisan forcené de Marins, qui passa en Grèce pour faire la guerre à Sylla, et fut tué dans cette entreprise; il étoit tout aussi séditieux qu'un tribun.

b L. 18, Dig. De Verb. ttgn.

Page 1