LIVRE XXIII, CHAP. XXI
De ce premier objet vinrent ces lois qui donnèrent une telle autorité aux évoques, qu'elles ont été le fondement, de la juridiction ecclésiastique : de là ces lois qui affoiblirent l'autorité paternelle \ en ôlant au père la propriété des biens de ses enfants. Pour étendre une religion nouvelle, il faut ôter l'extrême dépendance des enfants, qui tiennent toujours moins à ce qui est établi.
Les lois faites dans l'objet de la perfection chrétienne, furent surtout celles par lesquelles il ôta les peines des lois Papiennes * et en exempta, tant ceux qui n'étoient point mariés, que ceux qui, étant mariés, n'avoient pas d'enfants.
« Ces lois avoient été établies, dit un historien ' ecclésiastique, comme si la multiplication de l'espèce humaine pouvoit être un effet de nos soins; au lieu de voir que ce nombre croît et décroît selon Tordre de la Providence*. »
Les principes de la religion ont extrêmement influé sur la propagation de l'espèce humaine : tantôt ils l'ont encouragée, comme chez les Juifs', les Mabométans, les
1. Voyez la loi i, 2 et 3, au Cod. Théod, de bonis maternis, maternique generis, etc., et la loi unique, au même Code, de bonis quœ flHis famil. acquiruntur. (M,)