‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 159 sur 217 · A. Pour y apporter leurs dépouilles · texte numérisé non relu

A. Pour y apporter leurs dépouilles

2. C*étoit une nation bien destructiye* que celle des Goths : ilsaToîen détruit tous les laboureurs dans la Thrace et coupé les mains à tous ceux ■qui menoient les chariots. Histoire byxantine de Malchns, dans VBxtraë d$s oMxusades. (M.)

3. Voyez, dans les chroniques recueillies par André du Chesne, Fétâ de cette province, yers la fin du ix* et le commencement du x* siècle. ScripL Norm. hisL veteres. (M.)

A. Bien destractrice .

La Scythie, dans ces temps-là, étant presque toute incultes les peuples y étoient sujets à des famines fréquentes; ils subsistoient, en partie, par un commerce avec les Romains, qui leur portoient des vivres des provinces voisines du Danube'. Les Barbares donnoient en retour les choses qu'ils avoient pillées, les prisonniers qu'ils avoient faits, l'or et l'argent qu'ils recevoient pour la paix. Mais, lorsqu'on ne put plus leur pay^r des tributs assez forts pour les faire subsister, ils furent forcés de s'établir*.

L'empire d'Occident fut le premier abattu ; en voici les raisons.

Les Barbares, ayant passé le Danube, trouvoiént à leur gauche le Bosphore, Constantinople, et toutes les forces de l'empire de l'Orient qui les arrétoient ; cela faisoit qu'ils se tournoient à main droite, du côté de l'Illyrie, et se poussoient vers l'Occident. Il se fit un reflux de nations et un transport de peuples de ce côté-là. Les passages de l'Asie étant mieux gardés, tout refouloit vers l'Europe; ail lieu que, dans la première invasion, sous Gallus, les forces des Barbares se partagèrent.

L'empire ayant été réellement divisé, les empereurs

1. Les Goths, comme nous ravons dit, ne cultivoient point la terre. Les Vandales les appeloient TrulUs, du nom d*une petite mesnre)

parce que, dans une lamine, ils leur Tendirent fort cher une pareille mesure de bled. Olympiodore, dans la Bibliothèque de Photius, li?. XXX. (M.)

2. On voit, dans VHistoire de Priscus, qu'il y avoit des marchés, âta-* blis par les traités, sur les bords du Danube. (M.)

3. Quand les Goths envoyèrent prier Zenon de xecevoir dans. Jion alliance Theudéric, fils de Triarius, aux conditions qu*il avoit accocdéds à Theudéric, fils de Balamer, le sénat consulté répondit que les revenus de l'État n'étoient pas suffisants pour nourrir deux peuples Goths, et qu'il falloit choisir de Tamitié de Tun des deux. Histoire de Malchus, dans VExtrait des ambassades, (M.^

Jt84 GRANDEUR ET DÉCADENCE

d'Orient, qui avoient des alliances avec les Barbares^, ne voulurent pas les rompre pour secourir ceux d'Occident'. Cette division dans l'administration, dit Priscus', fut très-préjudiciable aux affaires d'Occident. Ainsi les Romains d'Orient* refusèrent à ceux d'Occident une armée navale, à cause de leur alliance avec les Vandale^. Les Visigoths, ayant fait alliance avec Arcadius, entrèrent en Occident, et Honorius fut obligé de s'enfuir à Bavenne^ Enfin, Zenon, pour se défaire de Théodoric, le persuada d'aller attaquer l'Italie qu'Alaric avoit déjà ravagée.

Il y avoit une alliance très-étroite entre Attila et Genséric, roi des Vandales*. Ce dernier craignoit les Goths^; il avoit marié son fils avec la fille du roi des Goths; et, lui ayant ensuite fait couper le nez, il l'avoit renvoyée; il s'unit donc avec Attila. Les deux empires, comme enchaînés par ces deux princes, n'osoient se secourir* La situation de celui d'Occident fut surtout déplorable : il u'avoit point de forces de mer; elles étoient toutes en Orient % en Egypte, Chypre, Phénicie, lonie,

1« A. met ici cette note : Honorius apprit (pie les Visigoths* après vmr fait alliance avec Arcadius, étoient entrés en Occident; il s*enfalt i Ravenne. Procope, De la guerre des Vandales.

2. A. Ceux d'Occident, et comme ceux-ci nVoient point de forces de mer qui étoient toutes en Orient, en Egypte, Chypre, Ptiénicie, lonie, Grèce, seuls pays où il y ayoit alors quelque commerce, les Vandales et d'autres peuples attaquèrent les côtes d'Occident partout. Les OrienUnx firent bien pis ; voulant se soulager des Barbares, ils les engagèrent à aller porter leurs conquêtes en Occident. Ainsi Zenon, pour se défaire de Théodoric, le persuada d'aller attaquer l'Italie qu'Alaric avoit déjà ravagée Rome étoit pour ainsi dire une ville sans défense, etc.

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