‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 168 sur 217 · Gonf. Ltliru Persanes, l\ et l\xxv · texte numérisé non relu

Gonf. Ltliru Persanes, l\ et l\xxv

Ce qu'il y avoit de désespérant, c'est que, pendant que l'empereur portoit si loin l'intolérance, il ne convenoit pas lui-même ^ avec 1* impératrice sur les points les plus essentiels : il suivoit le concile de Cbalcédoine ' ; et l'impératrice favorisoit ceux qui y étoient opposés, soit qu'ils fussent .de bonne foi, dit Evagre, soit qu'ils le fissent à dessein *.

Lorsqu'on lit Procope sui: les édifices de Justînien, et qu'on voit les places et les forts que ce prince fit élever partout, il vient toujours dans l'esprit une idée, mais bien fausse, d'un État florissant.

D'abord les Romains n'avoient point de places : ils mettoient toute leur confiance dans leurs armées, qu'ils plaçoient le long des fleuves, où ils élevoient des tours, de distance en distance, pour loger les soldats.

Mais, lorsqu'on n'eut plus que de mauvaises armées, que souvent même on n'en eut point du tout ^, la frontière ne défendant plus l'intérieur, il fallut le fortifier; et alors on eut plus de places et moins de forces, plus de retraites et moins de sûreté ^ La campagne n'étant plus habitable qu'autour des places fortes, on en bâtit de toutes parts. Il en étoit comme de la France du temps des Nor-

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