Colardeau traduit ironiquement
L'époux, en retrouTant cette épouse abosée, Se crut non moins heureux que P&ris et Thésée.
Il vint cinquante femmes de Milet. Rien n'approchoit de la blancheur de leur teint, et de la régularité de leurs traits : tout faisoit voir, ou promettoit un beau corps; et les dieux, qui les formèrent, n'auroient rien fait de plus digne d'eux, s*ils n'avoient plus cherché à leur donner des perfections que des grâces ^
Il vint cent femmes de l'île de Chypre. Nous avons, disoient-elles, passé notre jeunesse dans le temple de Venus; nous lui avons consacré notre virginité et notre pudeur môme. Nous ne rougissons point de nos charmes : nos manières, quelquefois hardies et toujours libres, doivent nous donner de l'avantage sur une pudeur qui s'alarme sans cesse.
Je vis les filles de la superbe Lacédémone. Leur robe étoit ouverte par les côtés, depuis la ceinture, de la manière la plus immodeste : et cependant elles faisoient les prudes, et soutenoient qu'elles ne violoient la pudeur, que par amour pour la patrie.
Mer fameuse par tant de naufrages, vous savez conserver des dépôts précieux ! Vous vous calmâtes, lorsque le navire Argo porta la toison d'or sur votre plaine liquide; et, lorsque cinquante beautés sont parties de Colchos, et se sont confiées à vous, vous vous êtes courbée sous elles.
Je vis aussi Oriane, semblable aux déesses. Toutes les beautés de Lydie eniouroient leur reine. EUe avoit envoyé devant elle cent jeunes filles, qui avoient présenté à Vénus une offrande de deux cents talents. Candaule étoit
i. Colardeau :
Les dieax n'ont pat formé de plus noble assemblage Sans doute elles seroient leur plus parfait ouvrage S*ils leur avoient donné, plus distraits dans leurs soins, Quelques gr&ces de plus, quelques beautés de moins.
venu lui-même, plus distingué par son amour que par la pourpre royale : il passoit les jours et les nuits à dévorer de ses regards les charmes d'Oriane : ses yeux erroient sur son beau corps, et ses yeux ne se lassoient jamais ^ Hélas! disoit-il, je suis heuœux; mais c'est une chose qui n'est sue que de Vénus et de moi : mon bonheur seroit plus grand, s'il donnoitde l'envie! Belle reine, quittez ces vains ornements ; faites tomber cette toile importune; montrez-vous à l'univers; laissez le prix de la beauté, et demandez des autels.
Auprès de là étoient vingt Babyloniennes : elles avoient des robes de pourpre brodées d'or; elles croyoient que leur luxe augmentoit leur prix. Il y en avoit qui portoient, pour preuve de leur beauté, les richesses qu'elle leur avoit fait acquérir.
Plus loin, je vis cent femmes d'Egypte, qui avoient les yeux et les cheveux noirs. Leurs maris étoient auprès d'elles, et ils disoient : Les lois nous soumettent à vous en l'honneur d'Isis ' : mais votre beauté a sur nous un empire plus fort que celui des lois; nous vous obéissons avec le même plaisir que Ton obéit aux dieux; nous sommes les plus heureux esclaves de l'univers.
Le devoir vous répond de notre fidélité ; mais il n'y a que l'amour qui puisse nous promettre la vôtre.
Soyez moins sensibles à la gloire que vous acquerrez à Gnide, qu'aux hommages que vous pouvez trouver dans votre maison, auprès d'un mari tranquille, qui, pendant