‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 176 sur 217 · A. où la cavalerie était peu utile · texte numérisé non relu

A. où la cavalerie était peu utile

marais se sont dissipés, et rAIlemagne a changé de face. Les ouvrages de Valentinien sur le Necker, et ceux des Romains sur le Rhin S ont fait bien des changements*; et le commerce s'étant établi, des pays qui ne produis soient point de chevaux en ont donné, et on en a fait usage '•

Constantin, fils d'Héraclius, ayant été empoisonné, et son fils Constant tué en Sicile, Constantin le Barbu, son fils atné, lui succéda^: les grands des provinces d'Orient s'étant assemblés, ils voulurent couronner ses deux autres frères, soutenant que, comme il faut croire en la Trinité, aussi étoit-il raisonnable d'avoir trois empereurs.

L'histoire grecque est pleine de traits pareils; et, le petit esprit étant parvenu à faire le caractère de la nation, il n'y eut plus de sagesse dans les entreprises, et l'on vit des troubles sans cause, et des révolutions sans motifs.

Une bigoterie universelle abattit les courages, et engourdit tout l'empire. Gonstantinople est, à proprement parler, le seul pays d'Orient où la religion chrétienne ait été dominante. Or cette lâcheté, cette paresse, cette mollesse des nations d'Asie, se mêlèrent dans la dévotion même. Entre mille exemples, je ne veux que Philippicus, général de Maurice, qui, étant près de donner une batailles se mit à pleurer, dans la considération du grand nombre de gens qui alloient être tués ^ !

i. Voyez Ammien Marcellin, liv. XXVH. (M.)

2. Le climat ii*y est plus aussi froid que le disoient les anciens. (M.)

3. César dit que les chevaux des Germains étoient vilains et petits, liv. IV. ch. II. Et Tacite, Des mcBurs dês Germaitu, ch. v, dit : Germania pecorum fœcunda, sêd plêraquê improcera. (M.)

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