‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 29 sur 217 · A. Et n'y eût rappelé la vie · texte numérisé non relu

A. Et n'y eût rappelé la vie

Comme la pièce suivante m*a paru être du même auteur, j'ai cru devoir la traduire et la mettre ici.

Un joar que j'errois dans les bois d'Idalie avec la jeune Céphise, je trouvai TAmour qui dormoit couché sur des fleurs^, et couvert par quelques branches de myrte, qui cédoient doucement aux haleines des Zéphyrs. Les Jeux et les Ris, qui le suivent toujours, étoient allés folâtrer loin de lui : il étoit seul. J'avois l'Amour en mon pouvoir; son arc et son carquois étoient à ses côtés; et, si j'avois voulu, j'aurois volé les armes de l'Amour. Céphise prit l'arc du plus grand des dieux : elle y mit un trait, sans que je m'en aperçusse, et le lança contre moi. Je lui dis en souriant : Prends-en un second ; fais-moi une autre blessure ; celle-ci est trop douce. Elle voulut ajuster un autre trait ; il lui tomba sur le pied ; et elle crioit * doucement : c'étoit le trait le plus pesant qui fût dans le carquois de l'Amour! Elle le reprit, le fit voler; il me frappa, je me baissai : Ah ! Céphise, tu veux donc me faire mourir? Elle s'approcha de l'Amour. 11 dort profondément, dit-elle ; il s'est fatigué à lancer ses traits. 11 faut cueillir des fleurs, pour lui lier les pieds et les mains. Ah I je n'y puis consentir; car il nous a toujours favorisés. Je vais donc, dit-elle, prendre ses annes, et lui tirer une

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