Une certaine habitude
2. La présence d'Annibai fit cesser, parmi les Romains, toutes les divisions : mais la présence de Scipion aigrit celles qui étoient déjà parmi les Carthaginois; elleôta au gouvernement tout ce qui lui restoit de force; les généraux, le sénat, les grands devinrent plus suspects au peuple, et le peuple devint plus furieux. Voyez, dans Appieu, toute cette guerre du premier Scipion. (M.)
* A. Elle Ua les forces de la ville. Les généraux, le sénat, les grands, deTinrent plus ■aspects au peuple, etc.
s'apaisent aisément, parce qu'il a dans ses mains une puissance coercitiveS qui ramène les deux partis; mais dans une république, elles sont plus [durables, parce que le mal attaque ordinairement la puissance même qui pourroit le guérir.
A Rome, gouvernée par les lois, le peuple souffiroit que le sénat eût la |direction des affaires : à Garthage, gouvernée par des abus, le peuple vouloit tout faire par lui-même.
Garthage, qui faisoit la guerre avec son opulence contre la pauvreté romaine, avoit, par cela même, du désavantage* : l'or et l'argent s'épuisent; maisjla vertu, la constance, la force et la pauvreté ne s'épuisent jamais.
Les Romains étoient ambitieux par orgueil, et les Carthaginois par avarice ; les uns vouloient commander, les autres vouloient acquérir ; et ces derniers, calculant sans cesse la recette ' et la dépense, firent toujours la guerre sans l'aimer.
Des batailles perdues, la diminution du peuple, l'affoiblissement du commerce, Tépuisement du trésor public, le soulèvement des nations voisines, pou voient faire accepter à Garthage les conditions de paix les plus dures : mais Rome ne se conduisoit point par le ^sentiment des biens et des maux; elle ne se déterminoit que par sa gloire ; et, comme elle n'imaginoit point qu'elle pût être