‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 66 sur 217 · Florus, liv. I, ch. ivi. (M · texte numérisé non relu

Florus, liv. I, ch. ivi. (M

4. Voyez Polybe. Le sommaire de Florus dit quUls levèrent trois cent mille hommes dans la ville et chez les Latins. (M.)

at GRANDEUR ET DÉCADENCE

pour lors que d'environ cent trente-sept mille citoyens.

Carthage employoit plus de forces pour attaquer, Rome pour se défendre : celle-ci, comme on vient de le direS arma un nombre d*hommes prodigieux contre les Gaulois et Annibal, qui l'attaquoient ; et elle n'envoya que deux légions contre les plus grands rois : ce qui rendit ses forces éternelles.

Rétablissement de Carthage dans son pays étoit moins solide que celuf de Rome dans le sien : cette dernière avoit trente colonies autour d*elle, qui en étoient comme les remparts*. Avant la bataille de Cannes, aucun allié ne l'avoit abandonnée ; c'est que les Samnites et les autres peuples d'Italie étoient accoutumés à sa domination.

La plupart des villes d'Afrique, étant peu fortifiées, se rendoient d'abord à quiconque se présentoit pour les prendre : aussi tous ceux qui y débarquèrent, Agathocle, Régulus, Scipion, mirent-ils d'abord Carthage au désespoir.

On ne peut guère attribuer qu'à un mauvais gouvernement ce qui leur arriva dans toute la guerre que leur fit le premier Scipion : leur ville et leurs armées même étoient aflfaniées, tandis que les Romains étoient dans l'abondance de toutes choses'.

Chez les Carthaginois, les armées qui avoient été battues devenoient plus insolentes; quelquefois elles mettoient en croix leurs généraux, et les punissoient de leur propre lâcheté. Chez les Romains, le consul décimoit les troupes qui avoient fui, et les ramenoit contre les ennemis.

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