‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 68 sur 217 · A. Leur art même, etc · texte numérisé non relu

A. Leur art même, etc

6. Voyez ce que dit Perrault sur les rames des anciens. Essai de pAysique, tir. III, Mécanique des anciens, (M.)

Les grands vaisseaux étoient désavantageux, en ce qu'étant difficilement mus par le chiourmeS ils ne pouvoient pas faire les évolutions nécessaires. Antoine en fit, à Actium, une funeste expérience'; ses navires ne pouvoient se remuer, pendant que ceux d'Auguste, plus légers, les attaquoient de toutes parts.

Les vaisseaux anciens étant à rames, les plus légers brisoient aisément celles des plus grands, qui, pour lors, n'étoient plus que des machines immobiles, comme sont aujourd'hui nos vaisseaux démâtés.

Depuis rinvention de la boussole, on a changé de manière; on a abandonné les rames ^, on a fui les côtes, on a construit de gros vaisseaux ; la machine est devenue plus composée, et les pratiques ^ se sont multipliées.

L'invention de la poudre a fait une chose qu'on n'auroit pas soupçonnée; c'est que la force des armées navales a plus que jamais consisté dans l'art : car, pour résister à la violence du canoQ, et ne pas essuyer un feu supérieur, il a fallu de gros navires. Mais, à la grandeur de la machine, on a dû proportionner la puissance de l'art.

Les petits vaisseaux d'autrefois s'accrochoient soudain, et les soldats combattoient des deux parts ; on mettoit sur une flotte toute une armée de terre. Dans la bataille navale que Régulus et son collègue gagnèrent, on vit combattre cent trente mille Romains contre cent cinquante mille

i, L*éqaipage, les rameurs.

t* La même chose arriva & la bataille de Salamine. Plutarque, Vie de Thémistoclê. L*liistoire est pleine de faits pareils. (M.)

3. En quoi ou peut Juger de Timperfectioa de la marine des anciens, puisque nous avons abandonné une pratique dans laquelle nous avions tant de supériorité sur eux. (M.)

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