‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 76 sur 217 · A. Pour empêcher les Romains de s*y établir · texte numérisé non relu

A. Pour empêcher les Romains de s*y établir

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légion; il donne la préférence à Tordonnance romaine; et il y a apparence qu'il a raison, si Ton en juge par tous les èvéneoiens de ces temps-là ^

Ce qui avoit beaucoup contribué à mettre les Romains en péril dans la seconde guerre punique, c'est qu'Annibal arma d'abord ses soldats à la romaine : mais les Grecs ne changèrent ni leurs armes, ni leur manière de combattre : il ne leur vint point ' dans l'esprit de renoncer à des usages avec lesquels ils ayoient fait de si grandes choses'.

Le succès que les Romains eurent contre Philippe fut le plus grand de tous les pas qu'ils firent pour la conquête générale. Pour s'assurer de la Grèce ils abaissèrent, par toutes sorte de voies, les Ëtoliens qui les avoient aidés à vaincre : de plus, ils ordonnèrent que chaque ville grecque, qui avoit été à Philippe, ou à quelqu'autre prince, se gouverneroit dorénavant par ses propres lois.

On voit bien que ces petites républiques ne pouvoient être que dépendantes. Les Grecs se livrèrent à une joie stupide, et crurent être libres en effet, parce que les Romains les déclaroient tels^.

Les Ëtoliens, qui s'étoient imaginé qu'ils domineroient dans la Grèce, voyant qu'ils n' avoient fait que se donner des maîtres, furent au désespoir : et, comme ils prenoient toujours des résolutions extrêmes, voulant corriger leurs folies par leurs folies, ils appelèrent dans la Grèce Antio-

1. A. Il y a apparence qu*il a raison, car Texpérience le montra alon partout.

BoBsuet, dans le Discours sur l'histoirt universelle, in* partie, chap. VI, reprend aussi le jugement de Polybe, mais avec plus d'assaranoe que Montesquieu.

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