‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 90 sur 217 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DBS DIVISIONS QUI FUBENT TOUJOURS DANS LA VILLB^

Pendant que Rome conquéroit 1* univers, il y avoit, dans ses murailles, une guerre cachée; c'étoient des feux comme ceux de ces volcans qui sortent sitôt que quelque matière vient en augmenter la fermentation.

Après l'expulsion des rois, le gouvernement étoit devenu aristocratique : les familles patriciennes obtenoient seules * toutes les magistratures, toutes les dignités, et par conséquent tous les honneurs militaires et civils '.

Les patriciens, voulant empêcher le retoiy: des rois, cherchèrent à augmenter le mouvement qui étoit dans l'esprit du peuple ; mais ils firent plus qu'ils ne voulurent: à force de lui donner de la haine pour les rois, ils lui donnèrent un désir immodéré de la liberté. Comme l'autorité royale avoit passé tout entière entre les mains des consuls, le peuple sentit que cette liberté, dont on vouloit

1. Machiavel, Discours sur Tite^Live, li?. I, chap. iv. — Gicéron, d€ OraL, II, 48 ; Tite-Live, VII, 40.

3. Les patriciens avoient même, en quelque façon, un caractère sacré : il n'y avoit qu'eux qui pussent prendre les auspices. Voyei, dans Tite-Lire, liv. VI, chap. XL et xli, la harangue d*Appius Claudius. (M.)

3. Par exemple, il n*y avoit qu'eux qui pussent triompher, puisqu'il n'y avoit qu'eux qui pussent être consuls et commander les armées. (M.)

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