Origine des tribuns du peuple. (M
^2. A. Cela produisit des disputes continuelles.
3. Le peuple, qui aimoit la gloire, composé de gens qui a?oîent passé leur vie à la guerre, ne pouvoit refuser ses suffrages à un grand homme, sous lequel il a?oit combattu, n obtenoit le droit d*élirc des plébéiens, et il élisoit des patriciens. H fut obligé de se lier les mains, en établissant qu*il y auroit toujours un consul plébéien : aussi les familles plébéiennes qui entrèrent dans les charges, y furent-elles ensuite continuellement portées; et, quand le peuple éleva aux honneurs quelque homme de néant, conune Varron et Marins, ce fut une espèce de victoire qQ*iI remporta sur lui-même •. (M.) Esitrit des lois, VIII, 42.
■ Dans A. cette nute est ainsi rédigée : Le peuple avoit tant de respect pour les principales familles qae, quoiqu'il eût obtenu le droit de faire des tribuns militaires plébéiens, qui avoient la même puissance que les consuls, il élevoit toujours à cette
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la religion même, les institutions anciennes, et la suppression des jours d'assemblée, sous prétexte que les auspices n'avoient pas été favorables; par les clients^; par l'opposition d'un tribun à un autre; par la création d'un dictateur', les occupations d'une nouvelle guerre, ou les malheurs qui réunissoient tous les intérêts; enfin, par une condescendance paternelle à accorder au peuple une partie de ses demandes pour lui faire abandonner les autres, et cette maxime constante de préférer la conservation de la république aux prérogatives de quelque ordre ou de quelque magistrature que ce fût.
Dans la suite des temps, lorsque les plébéiens eurent tellement abaissé les patriciens, que cette' distinction de familles devint vaine, et que les unes et les autres furent indifféremment élevées aux honneurs, il y eut de nouvelles disputes entre le bas peuple, agité par ses tribuns, et les principales familles patriciennes ou plébéiennes, qu'on appela les Nobles, et qui avoient pour elles le sénat, qui en étoit composé. Mais, comme les mœurs anciennes n'étoient plus, que des particuliers avoient des richesses immenses, et qu'il est impossible que les richesses ne
i. A. Par ses clients.
S. Les patriciens, pour se défendre, avoient coutume de créer un dictateur ; ce qui leur réussissoit admirablement bien ; mais les plébéiens, ayant obtenu de pouvoir être élus consuls, purent aussi être élus dictateurs ; ce qui déconcerta les patriciens. Voyez dans Tite-Live, IJv. VIII, chap. zu, comment Publilius Philo les abaissa dans sa dictature : il fit trois lois qui leur furent très-préjudiciables. (M.)
a. Les patriciens ne conservèrent que quelques sacerdoces et le droit de créer un magistrat, qu'on appeloit entre-rot. (M.)
charge des patiictenfl ; il fat obligé de se lier les maiiu et d'établir qu'il y aoroit toujoars nu consul plébéien. Bt quand quelques famiUee plébéiennes entrèrent dans les charges, ellee y furent ensuite continuellement portées. Cétoit avec peine que le peuple, daos le désir continuel d'abaisser la noblesse, l'abaissoiten effet; et quand il éleroit aux honneurs quelque homme de néant comme Varron et Marins, ce fut une rictoire qn'il gagna sur lui-même.
donnent du pouvoir, les nobles résistèrent avec plus de force que les patriciens n'avoient fait; ce qui fut cause de la mort des Gracques et de plusieurs de ceux qui ira* vaillërent sur leur plan ^
II faut que je parle d'une magistrature qui contribua beaucoup à maintenir le gouvernement de Rome : ce fut celle des censeurs. Ils faisoient le dénombrement du peuple*; et, de plus, comme la force de la république consistoit dans la discipline, l'austérité des mœurs et l'observation constante de certaines coutumes, ils corrigeoient les abus que la loi n'avoit pas prévus, ou que le magistrat ordinaire ne pou voit pas punir'. Il y a de mauvais exemples qui sont pires que les crimes; et plus d'États ont péri parce qu'on a violé les mœurs que parce qu'on a violé les lois. A Rome, tout ce qui pouvoit introduire des nouveautés dangereuses, changer le cœur ou l'esprit da citoyen, et en empêcher, si j'ose me servir de ce terme, la perpétuité, les désordres domestiques ou publics, étoient réformés par les censeurs : ils pouvoient chasser du sénat qui ils vouloient, ôter à un chevalier le cheval qui lui étoit entretenu par le public, mettre un citoyen dans une autre tribu, et même parmi ceux qui pay oient les charges de la ville sans avoir part à ses privilèges^.