‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 208 sur 442 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

un GOUVERNEMENT DE LA MAISON EN ORIENT.

On change si souvent de femmes en Orient qu'elles ne penvent avoir le gouvernement domestique. On en charge donc les eunuques; on leur remet toutes les clefs, et ils ont la disposition des affaires de la maison. « En Perse, dit M. Chardin, on donne aux femmes leurs habits, comme on ferait à des enfants ^ » Ainsi ce soin qui semble leur convenir si bien, ce soin qui, partout ailleurs, est le premier de leurs soins, ne les regarde pas.

1. Le) Persans disent que les femmes ne servent qu'à la génération; et ils D'en font aucun cas pour leur adrt'sse, pour leur esprit et pour leur application à toutes sortes d*oavragcs; aussi ne se môlentpelles communément de rien, pas même du ménage. Elles passent leur vie dans la nonchalance, Toisiveté et ta mollesse, étant toute la Journée occupées, ou à se faire frotter par de petites esclaves, ce qui est une des plus grandes voluptés des Asiatiques, ou à fumer le tabac du pays, qui est si doux que Ton en peut prendre du matin au soir sans en être incommodé. Les moins vicieuses s'appliquent à des ouvrages k l'aiguille, qu*elles font très-bien. On leur donne leur Dourriture tout apprêtée, et quelquefois leurs habits tout faits, comme on ferait à des enfants. Chardiiv, Voyage en Perte, Description du gouver» nement, ch. xii.

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