CHAPITRE IX
ou TERRAIN DB l'aMBRIQUB
Ce qui fait qu'il y a tant de nations sauvages en Amérique, c'est que la terre y produit d'elle-même beaucoup de fruits dont on peut se nourrir. Si les femmes y cultivent autour de la cabane un morceau de terre, le maïs y vient d'abord. La chasse et la pèche achèvent de mettre les hommes dans l'abondance ^ De plus, les animaux qui pussent, comme les bœufs, les buflUes, etc., y réussissent mieux que les bétes carnassières. Celles-ci ont eu de tout temps l'empire de l'Afrique '.
Je crois qu'on n'auroit point tous ces avantages en Europe, si l'on y laissoit la terre inculte; il n'y viendroit guère que des forêts, des chênes et autres arbres stériles.
1. De Pâw, dans ses RechercheM sur les Américains, t. I, p. 00, fait obscnrer avec raison que dans ce chapitre Montesquieu suppose comme mi ce qui est faux, et en tire une conclusion démentie par les faits. Les indigènes de l'Amérique du Nord mènent une vie des plus rudes et y sont décimés par la fidm. Si la fie eût été aussi facile que le suppose Tauteur de VEsprit des lois, les peuplades seraient devenues de grands peuples, et TAmérique serait devenue le siège d*un grand empire.