‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 25 sur 442 · I. Aristote, PolUiqui, Ht. UI, cbap. xiv. (M.) 8. Ibid. (M · texte numérisé non relu

I. Aristote, PolUiqui, Ht. UI, cbap. xiv. (M.) 8. Ibid. (M

3. Voyez ce que dit Plutarque, Vie de Thésée, c. viii. Voyez aussi Thucydide, Uv. I. (M.)

ne pouvoient subsister, car, dès que le peuple avoit la législation, il pouvoit, au moindre caprice, anéantir la royauté, comme il fit partout.

Chez un peuple libre, et qui avoit le pouvoir législatif; chez un peuple renfermé dans une ville, où tout ce qu'il y a d'odieux devient plus odieux encore, le chef-d'œuvre de la législation est de savoir bien placer la puissance de juger. Mais elle ne le pouvoit être plus mal que dans les mains de celui qui avoit déjà la puissance exécutrice. Dès ce moment, le monarque devenoit terrible. Mais en même temps, comme il n'avoit pas la législation, il ne pouvoit pas se défendre contre la législation ; il avoit trop de pouvoir, et il n'en avoit pas assez.

On n'avoit pas encore découvert que la vraie fonction du prince étoit d'établir des juges, et non pas de juger lui-même. La politique contraire rendit le gouvernement d'un seul insupportable. Tous ces rois furent chassés. Les Grecs n'imaginèrent point la vraie distribution des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul ; il ne l'imaginèrent que dans le gouvernement de plusieurs, et ils appelèrent celte sorte de constitution, police^.

i. Voyez Aristote, Polttiqw, liv. IV, chap, viii. (M.) Ce qu*Aristotc nomme policé est ce que Polybe appelle démocratie.

Page 1