‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 267 sur 442 · CHAPITRE XXVIir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIir

DE l'adoption chez LES GBRVAINS.

Comme chez les Germains on devenoit majeur eu recevant les armes, on étoit adopté par le même signe. Ainsi, Contran voulant déclarer majeur son neveu Childebert, et de plus l'adopter, il lui dit : a J'ai mis' ce javelot dans tes mains, comme un signe que je t'ai donné mon royaume ». Et se tournant vers l'assemblée : « Vous voyez que mon fils Ghildebert est devenu un homme ; obéissez-lui ». Théodoric, roi des Ostrogoths, voulant adopter le roi des Hérules, lui écrivit ' : « C'est une belle chose parmi nous de pouvoir être adopté par les armes : car les hommes courageux sont les seuls qui méritent de devenir nos enfants. Il y a une telle force dans cet acte, que celui qui en est l'objet, aimera toujours [mieux mourir que de souffrir quelque chose de honteux. Ainsi , par la coutume des nations, et parce que vous êtes un homme, nous vous adoptons par ces boucliers, ces épées, ces chevaux, que nous vous envoyons. »

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