LIVRE XI, CHAP. XII
peuple toutes les affaires, il le soulagea des taxes, et en mit tout le fardeau sur les patriciens. Ainsi, à mesure qu'il aiïaiblissoit la puissance royale et l'autorité du sénat il augmentoit le pouvoir du peuple'.
Tarquin ne se fit élire ni par le sénat, ni par le peuple. Il regarda Servius TuUius comme un usurpateur, et prit la couronne comme un droit héréditaire ; il extermina la plupart des sénateurs; il ne consulta plus ceux quirestoient, et ne les appela pas même à ses jugements ^ Sa puissance augmenta ; mais ce qu'il y avoil d'odieux dans cette puissance devint plus odieux encore : il usurpa le pouvoir du peuple ; il fit des lois sans lui, il en fit même contre lui*. Il auroit réuni les trois pouvoirs dans sa personne, mais le peuple se souvint un moment qu'il étoit législateur, et Tarquin ne fut plus.
1. Oa croyoitque, s*il n'avoit pas été pré?eaii par Tarquin, il auroit établi le gouvernement populaire. Deny^t d*Halicamasse, liv. IV, p. 213. (M.)