CONSEQUENCE DU CHAPITRE PRECEDENT
Il résulte de là que la Chine ne perd point ses lois par la conquête. Les manières, les mœurs, les lois, la religion y éiant la même chose, on ne peut changer tout cela à la fois. Et comme il faut que le vainqueur ou le vaincu changent, il a toujours fallu à la Chine que ce fût le vainqueur : car ses mœurs n'étant point ses manières; ses manières, ses lois ; ses lois, sa religion ; il a été plus aisé qu'il se pliât peu à peu au peuple vaincu, que le peuple vaincu à lui*.
Il suit encore de là une chose bien triste : c'est qu'il n'est presque pas possible que le christianisme s'établisse jamais à la Chine*. Les vœux de virginité, les assemblées des femmes dans les églises, leur communication néces-
1. «La Chine, vaincue plusieurs fois, a réduit ses vainqueurs en les assujettissant à ses usages, et les a tellement changés qu'en peu de temps on ne les reconnoissoit plus. Cest une mer qui sale tous les fleuves qui s*y précipitent. Je veux dire que les conquérants de la Chine ont été obligés de la gouverner selon ses lois, ses maximes et ses coutumes. Ils n*ont pu changer ni le caractère ni la langue chinoise; ils n*ont pas pu même introduire celle qui leur étoit propre dans les villes où ils tendent leur cour. En un mot, leurs descendants sont devenus Chinois, n (Lettre du P. Parennin à M. de Mairan, Lettres édi/ianteSy XXIV* recueil, p. 58, 59.)
2. Voyez les raisons données par les magistrats chinois, dans les décrets par lesquels ils proscrivent la religion chrétienne. {Lettres édifiantes. recueil XVII. (M.)