‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 37 sur 442 · DE ROME · texte numérisé non relu

DE ROME

La puissance déjuger fut donnée au peuple, au sénat, aux magistrats, à de certains juges. Il faut voir comment elle fut distribuée. Je commence par les affaires civiles.

Les consuls* jugèrent après les rois, comme les préteurs jugèrent après les consuls. Servius TuUius s'étoit dépouillé du jugement des affaires civiles ; les consuls ne les jugèrent pas non plus, si ce n'est dans des cas trèsrares* que l'on appela, pour cette raison, eœtraordiflaires^. Ils se contentèrent de nommer les juges, et de former les tribunaux qui dévoient juger. Il paroît, par le discours d'Appius Claudius, dans Denys d'Halicarnasse^, que, dès l'an de Rome 259, ceci étoit regardé comme une coutume établie chez les Romains ; et ce n'est pas la faire remonter bien haut que de la rapporter à Servius TuUius.

1. On ne peut douter que les consuls, avant la création des préteurs, n*eussent eu les jugements civils. Voyez Tite-Livc, décade I, liv. H, c. i; Denys d*HaUcarnasse, H?. X, p. 627; et même livre, p. 615 (M.)

2. Souvent les tribuns jugèrent seuls; rien ne les rendit plus odieux. I>en3's d'Halicarnasse, liv. XI, p. 709. (M.)

3. Judicia extraordinarxa. Voyez les InstittUes, liv. IV. (M.)

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