‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 370 sur 442 · LIVRE XXI, CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXI, CHAP. VIII

Alexandre entra par le nord. Son dessein étoit de marcher vers l'orient ; mais, ayant trouvé la partie du midi pleine de grandes nations, de villes et de rivières, il en tenta la conquête, et la fit.

Pour lors il forma le dessein d'unir les Indes avec l'Occident par un commerce maritime, comme il les avoit unis par des colonies qu'il avoit établies dans les terres.

Il fit construire une flotte sur l'Hydaspe, descendit cette rivière, entra dans l'Indus, et navigua jusqu'à son embouchure. 11 laissa son armée ^ et sa flotte à Fatale, alla lui-même avec quelques vaisseaux reconnoître la mer, marqua les lieux o\x il voulut que l'on construisit des ports, des havres, des arsenaux. De retour à Fatale, il se sépara de sa flotte, et prit la route de terre pour lui donner du secours, et en recevoir. La flotte suivit la côte depuis l'embouchure de l'Indus, le long du rivage des pays desOrittes, des Icthyophages, de la Caramanie et de la Perse. II fit creuser des puits', bâtir des villes; il défendit aux Icthyophages ' de vivre de poisson; il vouloit que les bords de cette mer fussent habités par des nations civilisées. Néarque et Onésicrite ont fait le journal de cette navigation S qui fut de dix mois. Us arrivèrent à

1. A. B. n*ont point la phrase: Il laissa son armée, eic, ni les deux phrases suivantes.

Page 1