‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 377 sur 442 · LIVRE XXI, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE XXI, CHAP. IX

D'abord on ne connut que le midi de la mer Caspienne ; on la prit pour l'Océan ; à mesure que l'on avança le long de ses bords, du côté du nord*, on crut encore que c'étoit rOcéan qui entroit dans les terres. En suivant les côtes *, on n'avoit reconnu, du côté de l'est, que jusqu'au Jaxarte; et, du côté de l'ouest, que jusqu'aux extrémités de TAlbanie. La mer, du côté du nord, étoit vaseuse % et par conséquent très-peu propre à la navigation. Tout cela (it que l'on ne vit jamais que l'Océan*.

L'armée ' d'Alexandre n'avoit été, du côté de l'orient, que jusqu'à l'Hypanis, qui est la dernière des rivières qui se jettent dans Tlndus. Ainsi le premier commerce que les Grecs eurent aux Indes se fit dans une trèsrpetite partie du pays. Séleucus Nicator pénétra jusqu'au Gange®; et par là on découvrit la mer où ce fleuve se jette, c'est-à-dire le golfe de Bengale. Aujourd'hui l'on découvre les terres par les voyages de mer : autrefois on découvroit les mers par la conquête des terres.

Strabon^, malgré le témoignage d'Apollodore, paroit douter qe les rois' grecs de Bactriane soient allés plus

i. A. B. ajoutent : Au lieu d'imaginer un grand lac, on crut, etc.

t2 A. B. rédigent ainsi le paragraphe : Quand on reconnut la côte septentrionale, et qu*on eut presque achevé le tour, les yeux étoient ouverts ; ils se fermèrent ; on prit les bouches du Volga pour un détroit ou un prolongement de TOcéan.

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