‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 429 sur 442 · PROBLEME · texte numérisé non relu

PROBLEME

Ce n'est point à moi à prononcer sur la question, si l'Espagne ne pouvant faire le commerce des Indes* par elle-même, il ne vaudroitpas mieuxqu'elle le rendît libre aux étrangers. Je dirai seulement qu'il lui convient de mettre à ce commerce le moins d'obstacles que sa politique pourra lui permettre. Quand les marchandises que les diverses nations portent aux Indes y sont chères, les Indes donnent beaucoup de leur marchandise, qui est l'or et l'argent, pour peu de marchandises étrangères : le contraire arrive lorsque celles-ci sont à vil prix. Il seroit peutêtre utile que ces nations se nuisissent les unes aux autres', afin que les marchandises qu'elles portent aux Indes y fussent toujours à bon marché. Voilà des principes qu'il faut examiner, sans les séparer pourtant des autres considérations : la sûreté des Indes, l'utilité d'une douane ^unique, les dangers d'un grand changement, les inconvénients qu'on prévoit, et qui souvent sont moins dangereux que ceux qu'on ne peut pas prévoir.

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