CHAPITRE XV
tes ùttsait autrefois de Targeot pris sur les aunemis : dans ces temps malheureux on donna celui des citoyens ; et les soldats voulaient un partage là où il D*y avait pas de butin. Ces distributions n^avaicot lieu qu'après une guerre : Néron les fit pendant la paix. Les soldats s*y accoutumèrent; et îto finémirent contre Galba, qui leur disait avec courage quHl ne savait pas les acheter , mais qu'il savait les choisir.
Galba, Othon * , Vitellius, ne firent ^pie passer, fe^aaienfatéhi, comme eux, par les soldats; il ne floogoâ, dans tout le cours de son règne, qu'à rétablir l'empire , qui avait été successivement occupé par six tjnmaégalementcniels, presque tottsfttrieux, MM vent imbéciles , et , pour comble de malheur , prodigues jusqu'à la foUe.
Tite, qui loi succéda, fiit les délices du peuple rcMnain. Domitien fit voir un nouveau monstre plus cnid , ou du moins plus implacable que ceux qui l'avaieot prtcédé , parce qu'il était phis timide.
Ses affranchis les phn chers, et , à ce que queldit dit , sa femme même , voyant qu'il était dangereux dans ses amitiés que dans ses haines, et qu'il ne mettait aucunes bornes à ses mélances ni à ses accusations , s'en défirent. Avant de ftire le coup , ils jetèrent les yeux sur un successeur, H cbooûrent Merva, vénérable vieillard.
Nerva adopta Trajan, prince le phis accompli dont Phistoire dt jamais parlé. Ce fut un bonheur d*étre ■ésoiiS8onrègne,iln'y eneutpointdesi heureux ni de si glorieux pour le peuple romain. Grand homme d^tat , grand capitaine , ayant un cœur bon qui le portait au bien , un esprit éclairé qui lui montrait le meOleiir, une âme noble , grande , belle ; avec toutes les vertus, n'étant extrême sur aucune; enfin rhomme le plus propre à honorer la nature humaine, ^ représenter la divhie.
H exécuta le projet de César, et fit avec succès la guerre aux Parthes. Tout autre aurait succombé dans une entreprise où les dangers étaient toujours présents et les ressources éloignées, où il fallait absolument vaincre, et où il n'était pas sûr de ne pas périr a|M^ avoir vaincu.
La difficulté consistait et dans la situation des deux empires et dans la manière de faire la guerre des dein peuples. Prenait-on le chemin de l'Arménie,
«▼attiiitaiigiiieaterlesUbéiiUfét, nedlstrUraaqaeoeDtdetàen àcbaqne soldat ; mais César en doona deux inille ; et son cxoBple fot sol Yi par AnU^M et Octave, par Bratns et Cassius . Toya Dion et Appian.
* Stticfpere duo manipulares imperhtm popuH romani trûm*fer*màmm , et fraiMfirlfrifn/. (Taote, Histoire, llv. t. )
vers les sources du Tigre et de TEuphrate: on trou* vait UB pays montueux et difficile, où l'on ne pou-» vait mener de convois; de façon que l'armée était demi-ruinée avant d'arriver en Médie <. Entrait-on plus bas , vers le midi , par Nisibe : on trouvait tm désert afûreux qui séparait les deux empires. Voulait-on passer plus bas encore, et aller par la Méso* potamie : on traversait un pays en partie inculte, en partie submergé : et, le Tigre et l'Euphrate allant du nord au midi, on ne pouvait pénÀrer dans le pays sans quitter ces fleuves , ni guère quitter ces fleuves sans périr.
Quant à la manière de faire la guerre des deux n^* tions, la force des Romains consistait dans leur in^ fanterie, la plus forte, la plus ferme, et la mieux disciplinée du monde*
Les Parthes n'avaient point d*in&nterie, mais une cavalerie admirable : ils combattaient de loin, et hors de la portée des armes romaines; le javelot pouvait rarement les atteindre; leurs armes étaient l'arc et des flèches redoutables; ils assiégeaient une armée plutôt qu'ils ne la combattaient : inutilement poursuivis , parce que chez eux fuir c'était combattre, ils faisaient retirer les peuples à mesure qu'on approchait, et ne laissaient dans les places que les garnisons; et, lorsqu'on les avait prises, on était obligé de les détruire; ils brûlaient avec art tout le pays autourdel'arméeennemie, et lui étaient jusqu'à l'herbe même ; enfin ils faisaient à peu près la guerre comme on la fait encore aujourd'hui eux les mêmes frontières.
D'ailleurs les légions d'illyrie et de Germanie qu'on transportait dans cette guerre n'y étalent pas propres * : les soldats , aecoutiunés à manger beaucoup dans leur pays , y périssaient presque tous.
Ainsi , ce qu'aucune nation n'avait pas encore fait, d'éviter le joug des Romains, celle des Parthes le fit , non pas conmie invincible , mais comme inacce^ible.
Adrien abandonna les conquêtes de Trajan ^ , et borna l'empire à PEuphrate ; et il est admirable qu'après tant de guerres ^ les Romains n'eussent perdu que ce qu'ils avaient voulu quitter, comme la mer, qui n'est moins étendue que lorsqu'elle se retire d'elle-même.
La conduite d'Adrien causa beaucoup de murmu-
■ Le pays ne foumlssaU pas d^asseï grands arbres pour faire des machines pour assiéger les places. ( Plutarqde , f te d'jintoine, )
» Voyez Hérodien , Fie â^ Alexandre»
3 Voyez Eutrope. La Daclenefcrt abandonnée (fue sons Aif-r rélien.
fi.
GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMAINS
res. On lisait dans les livres sacrés des Romains que, lorsque Tarquin voulut bâtir le Capitole, il trouva que la place la plus convenable était occupée par les statues de beaucoup d^autres divinités : il s*enquit , par la science qu^il avait dans les augures, si elles voudraient céder leur place à Jupiter : toutes y consentirent, à la réserve de Mars, de la Jeunesse, et du dieu Terme '. Là-dessus s^établirent trob opinions religieuses : que le peuple de Mars ne céderait à personne le lieu qu'il occupait; que la jetmesse romaine ne serait point surmontée ; et qu'enfin le dieu Terme des Romains ne reculerait jamais : ce qui arriva pourtant sous.Adrien.