‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 198 sur 975 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

rniiMiiil les Mt sont rdatives au principe du yflvenwmeBt despotique.

I Le gouvernement despotique a pour principe la ') crainte : mais, à des peuples thnides, ignorants, 1 abattus, il ne faut pas beaucoup de lois.

Tout y doit rouler sur deux ou trois idées :iln'en tet dooe pas de nouvelles. Quand vous instruisez

' On a blâmé avee niMm une lorte d*affectaUoa doDt on nt

f oH pu te bot, et pçq convcnaMe d*aiUeog§ âam on hommeqai

■Yb de«ilt «voir d*MieQne €ipèee; cMeeUe de découper too*

vnk aoD oavraee en peUtschapUres, dontonnevoUpasaises

kdbùnetkw, on qoi, tenant par rindlcaUon même da titre

èvimêmeetH» semblent nederolr paa être séparé». D y

ciatclB qol ne contiennent qo*ane phrase on denz; et ploila

crt frappante , plot Panteor a Fair de n'en aroir fait on

qon poer apjpîeler Tadmiiation : or, plu on la mérite,

tt fiMit la commander. (JU H.)

*<)■■« pent, ca me semble, refuser la magnanimité à on hammeioacricr Jatte, fénéfeox, clément, libéral. Je vob trois fnmk Ttitfs Kioperii oa Knprogll, qai ont en cet quaittéa. SI atal ^ prit Canidle, atsiégée pendant dix années, n*a pas eneon la célébrité des héffoada siège de Tfole,Uavattplas de varia et sera plos estimé des vrais connaiisears qo*an Diomèda d qa^OB Ulysse. Le grand vizir tt>rahim, qui, dans la demièra livolattoii, s'est sacriié pour conserver l'empire à son maître leboMt m, et qai a attendu à genoux la mort pendant six bsofcs, avait certes de la magnanimité. (Volt.)

3 LeWwÊ ééi^nin, rocodl U, pag. 316.

4 Ge okapUn est court; c'est un ancien proverbe espagnol. Ls saga toi Alphonse YI disait : « Élague sans abattre. »

Gela cet ptascoort encore. Cest ce qoe Saavédra répète dans ses siÉditalloaa poUUqws. Cest ce que don Ustaria, véritable boaune d'État, ne cesse de recommander dans sa TA^orttf Pmttgot dm Commeret •* « Le labooreor, qaand il a besoin de bais, Boope oee branche, et non pas le pied de l'arbre. «Mais ees maximes ne sont employées que pour donner plus de force stti Mgea laptùtntaUoes qoe fitt Ustaris an roi son maître.

luie béte, vous vous demes bien de garde de hd faire changer de mattre , de leçons , et d'allure ; vous fraj^iez son cerveau par deux ou trois mouvements, et pas davantage.

Lorsque le prince est enfermé , il ne peut sortir du séjour de la volupté sans désoler tous ceux qui l'y retiennent. Us ne peuvent souffrir que sa personne et son pouvoir passent en d'autres mains ■. Il fait donc rarement la guerre en personne, et il n'ose guère la faire par ses lieutenants.

Un prince pareil, accoutumé, dans son palais, à ne trouver aucune résistance , sUndigne de celle qu'on lui fait les armes à main : il est donc ordinairement conduit par la colère ou par la vengeance. D'ailleurs , il ne peut avoir d'idée de la vraie gloire. Les guerres doivent donc s'y foire dans toute leur fureur naturelle, et le droit des gens y avoir moins d'étendue qu'ailleurs.

Un tel prince a tant de défirats qu'il fondrait craindre d'exposer au grand jour sa stupidité naturelle. U est caché, et l'on ignore l'état où il se trouve. Par bonheur, les hommes sont tels dans ce pays, qu'ils n'ont besoin que d'un nom qui les gouverne.

Charles XII étant à Bender * , trouvant quelque résistance dans le sénat de Suède, écrivit qu'il leur enverrait une de ses bottes pour commander; Cette botte aurait commandé comme un roi despotique.

Si le prince est prisonnier, il est censé être mort ; et un autre monte sur le trdne. Les traités que folt le prisonnier sont nuls ; son successeur ne les ratifierait pas. En effet, comme il est les lois, l'État et le prince, et que , sitôt qu'il n'est plus le prince, il n'est rien, s'il n'était pas censé mort, l'État serait détruit.

Une des choses qui détermina le phis les Turcs à fiedre leur paix séparée avec Pierre P', fut que les Moscovites dirent au vizir qu'en Suède on avait mis im autre roi sur le trône ^.

La conservation de l'État n'est que la conserva-

> Les femmes et les eunuques, qui ne connaissent antre chose que le séraU où Ils sont renfermés , tenant pour on grand malheur de perdre le roi de vue seulement peur quelques heures, s*opposent, de toute leor polssanoe, à toutes sortes de pM^els de guerre quVm pourrait former; et pénétrant par ndlle artllloesdans leoœurdu prinee, Us en arraehent promptement les senUroents de gloire quils y voient naître; et le ministre quia le courage de lui en inspirer est MentOt Immolé à la Jalousie deces âmes faibles. (Cbarmh , rcfmfeâtPene, description du gouvemeoMnt, chap. nr.) (P.)

> Gbailes XU n'était point alors à Bender, comme le dit rauteur, mais à Démottca, oik Ton sait quil rcsU plus d*nn an. (D.)

3 Suite de Puffeadori, Hùtoirt unhfentHe, au traité de la SuMe, chap. x.

DE L ESPRIT DES LOIS

tioD du prince , ou plutôt du palais où il est enfermé. Tout ce qui ne menace pas directement ce palais ou la ville capitale , ne fait point d'impression sur des esprits ignorants , orgueilleux et prévenus ; et, quant à renchatnement des événements, ils ne peuvent le suivre, le prévoir, y penser même. La politique, ses ressorts et ses lois, y doivent être très-bornés, et le gouvernement politiquey est aussi simple que le gouvernement civil '.

Tout se réduit à concilier le gouvernement politique et civil avec le gouvernement domestique, les officiers de FÉtat avec ceux du sérail.

Un pareil État sera dans la meilleure situation lorsqu'il pourra se regarder comme seul dans le monde; qu'il sera environné de déserts, et séparé de peuples qu'il appellera barbares *. Ne pouvant compter sur la milice, il sera bon qu'il détruise une partie de lui-même.

Comme le principe du gouvernement despotique est la crainte, le but en est la tranquillité : mais ce n'est point une paix, c'est le silence de ces villes que l'ennemi est près d'occuper.

La force n'étant pas dans l'État, mais dans l'armée qui l'a fondé, il faudrait, pour défendre l'État, conserver cette armée : mais elle est formidable au prince. Comment donc concilier la sûreté de l'État avec la sûreté de la personne?

Voyez, je vous prie, avec quelle industrie le gouvernement moscovite cherche à sortir du despotisme', qui lui est plus pesant qu'aux peuples mêmes. On a cassé les grands corps de troupes, on a diminué les peines des crimes, on a établi des tribunaux , on a commencé à connaître les lois , on a instruit les peuples. Mais il y a des causes particulières qui le ramèneront peut-être au malheur qu'il voulait fiiûr.

Dans ces États , la religion a plus d'influence que dans aucun autre; elle est une crainte ajoutée à la crainte. Dans les empires mahométans , c'est de la

> SdoD M. ChardiD, U D*y a point de oonseU (TÉtat en Perse.

* LasitnattoD de la Pêne est ce qui (Ut sa principale force : car, de tons côtés, ses fronUéres sont remparées, pour ainsi dire, on de mets, ou de désert^ ou de hantes montagnes qui en rendent rentrée fortdifBcUe ; et , ponroequl estde ses voisins, U n'y aqoe les Tares que la Perseait si^et de craindre. Les Indiens sont des ennemis qu'elle méprise, lesayanttoqionrs battus. Les Tartares sont dirisés en plosiears prindpaatés séparées, et ne font la goerreqaepardes ooorses, sans se mettre Jamais en état de donner bataille. (Cuardim, toc. cU, ) (P.)

^ Est-ce en abolissant le patriarcat et la miUce entière des Strélitz; en étantle maître absolu des troupes, des finances et de l*Ë^iBe , dont les desservants ne sont payés que du trésor Impérial ; et enfin en faisant des lois qui rendent cette puissance aussi sacrée que forle? ( Volt. )

religion que les peuples tirent en partie le respect étonnant qu'ils ont pour leur prince '.

C'est la religion qui corrige un peu la constitution turque*. Les sujets, qui ne sont pas attachés à la gloire et à la grandeur de l'État par honneur, le sont par la force et par le principe de la religion.

De tons les gouvernements despotiques, il n'y \ en a point qui s'accable plus lui-même que celui où le prince se déclare propriétaire de tous les fonds de terre, et l'héritier de tous ses sujets : il en ré-/ suite toujours l'abandon de la culture des terres ; et si d'ailleurs le prince est marchand, toute espèce d'industrie est ruinée.

Dans ces États, on ne répare, on n'améliore rien ^ : on ne bâtit des maisons que pour la vie; on ne fait point de fossés , on ne plante point d'arbres ; on tire tout de la terre , on ne lui rend rien ; tout est en friche , tout est désert.

Pensez-vous que des lois qui ôtent la propriété des fonds de terre et la succession des biens, diminueront l'avarice et la cupidité des grands ? Non : elles irriteront cette cupidité et cette avarice 4. On sera porté à faire mille vexations , parce qu'on ne croira avoir en propre que l'or ou l'argent que l'on pourra voler ou cacher.

Pour que tout ne soit pas perdu , il est bon que l'avidité du prince soit modérée par quelque coutume. Ainsi, en Turquie, le prince se contente ordinairement de prendre trois pour cent sur tes successions' des gens du peuple. Mais, comme le Grand Seigneur donne la plupart des terres à sa milice, et en di3pose à sa fantaisie; conune il se saisit de toutes les successions des ofiQciers de Fempùre; conune, lorsqu'un homme meurt sans

* LesPersans tiennent communément leur roi pour le lieutenant de Mahomet, le successeur des Imans, ou premiers successeurs légitimes de Mahomet, et le Tlcaire du douzième iraan , durant son absence. Us lui donnent tous ces titres, et déplus celui de csilife , par lequel ils entendent encore cdoi desuoeesseuretUeutenantduprophète,àqulapparUeotde droit legouvemement universel do monde, tant au spirituel qu*an tempord, durant l'absence de l*iman seulement (Chabdiii, ibid. chap. 1.) (P.)

> Ils'enfautdebeaucoupqueleGrandSeigneursoltaussiabsolu que Test le roi de Perse.... L*autorlté des souverains , en Perse et en Turquie, n>st pas également indépendante; puisque, par exemple , Tempereur des Turcs ne fait mourir aucun* personne considérable , sans consulter le mophttou grand pontife de la rdigion; etque celui des Persans, an contraire, bien loin de consulter personne , ne se donne pas seulement le loisir de penser, la plupart du temps , aux ordres de mort qa*U piononce. ( Chardoi , ibid. chap. n. ) (P.)

^ VoyetRIcaut, Étatde Pempire otiomon , p. IM.

4 CelutquiestproprtétalreavecsûretéestnatordkBeBtfénéreux , parce qu*ll compte sur ravenlr. (H.)

& Voyez, sur les successions des Turcs, Ladâémome cmrtienne et moderne. Voyez aussi Rlcaut , de l* Empire ottam&n.

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